Régions Lille

Les quotas sur la typologie des logements inquiètent les promoteurs

Alors que s’ouvre le 28 juin à Lille le Congrès national de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), les acteurs lillois s’inquiètent des quotas exigés pour les grands appartements.

Votée début 2010 par la Ville de Lille, la servitude exigeant 35 % de T3 et 15 % de T4 dans chaque opération inquiète les promoteurs. Portée par Audrey Linkenheld, l’adjointe au logement de Martine Aubry, cette disposition vise à ramener en centre-ville les familles qui ont tendance à quitter la métropole. Avec une année d’opérations, le verdict est sans appel : « Le T4 c’est toujours le logement que l’on vend en dernier et sur lequel on fait des efforts commerciaux », rappelle Jean-Michel Sède, président régional de la Fédération des promoteurs immobiliers. Cette règle va, selon lui, « clairement renchérir le prix du marché libre », tout comme celle les obligeant à réserver 30 % des logements aux bailleurs sociaux.

Les promoteurs se défendent d’avoir provoqué le départ des familles. « Notre production est équilibrée », explique-t-il, rappelant que cette servitude va à l’encontre du Scot qui prône la production de logements plus petits. En effet le nombre d’habitants par foyer baisse (2,5 habitants dans la métropole contre 2,1 sur la région lyonnaise).
Le quota de 35 % de T3 ne pose, lui, pas de problème : « Il répond à un besoin. Celui du jeune couple avec un enfant ou encore de la personne âgée qui veut avoir une chambre supplémentaire », explique Jean-Michel Sède. Mais pour le T4 les choses se corsent, car les familles rêvent d’abord d’une maison avec jardin. Pour les grands appartements, la cible est étroite : « Des personnes âgées qui veulent un bel appartement au pied des services. » L’offre dans cette typologie a toujours du mal à s’écouler comme le montre la commercialisation sur la métropole lilloise au premier trimestre 2011 : les T4 représentent 18 % de l’offre commerciale et seulement 10 % des mises en vente. A l’inverse les T2 représentent 31 % de l’offre commerciale et 42 % des mises en vente.

Anticiper la réglementation thermique

Le retour en ville des familles, promesse électorale de Martine Aubry, est possible en accession sociale dans les périmètres Anru grâce à la concentration de dispositif d’aides publiques. Mais la poursuite de cette politique sur le marché libre va selon les promoteurs devoir trouver d’autres sources de financement, car le T4 qui représente un budget de 300 000 euros ne correspond pas aux capacités des ménages.
« Pour arriver à 200 000 euros pour un 85/90 m 2 dans le marché libre il faut descendre à 2 000 euros le m², c’est-à-dire en dessous du prix de revient », explique Jean-Michel Sède. Les promoteurs devront donc équilibrer leurs opérations en augmentant le prix des T1, T2 ou T3.
Et le prix de ces logements a déjà fortement augmenté. En anticipant sur la réglementation thermique, les promoteurs font toutes leurs opérations en BBC et la traduction en termes de coût est visible : « Il y a un an, 85 % de mes prix étaient en dessous de 3 000 euros le m 2 . Maintenant, 85 % sont au-dessus », signale Sébastien Lesur, vice-président régional de la FPI.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Place aux artistes

Passionnée d’art contemporain, Martine Aubry avait songé, il y a trois ans, imposer une taxe sur les permis de construire (à raison de 2 ou 3 euros par m 2 de Shon) pour financer l’installation d’œuvres d’art sur les espaces publics. Les promoteurs immobiliers se sont opposés à cette initiative en prônant, comme alternative, une démarche volontaire et associative. L’association « Lille Ville d’art et d’histoire », créée dans ce but en 2008, entre aujourd’hui dans une phase active avec une première initiative. Il s’agit de financer, à parité entre la Ville et les donateurs privés, l’installation d’une œuvre de Pascale Marthine-Tayou sur la place du Carnaval dans le quartier de Moulins, là où en 2004, la FPI avait initié l’opération pilote de « Maisons en ville ». Promoteurs, entreprises et partenaires du bâtiment vont être sollicités sur ce projet évalué à 200 000 euros.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X