Négoce

Les produits dits dangereux, une opportunité à relever ?

Mots clés : Distribution - Produits et agents dangereux

Glyphosate, perturbateurs endocriniens, composés organiques volatils… La liste des ingrédients et produits dangereux, ou soupçonnés de l’être, s’allonge. Quelle attitude le négoce doit-il adopter ? Doit-il se contenter de simplement appliquer la loi ? Ou au contraire anticiper et se positionner sur la prévention ? Peut-il même transformer ce péril potentiel en opportunité de différenciation ?

« À la lumière du débat actuel sur l’utilisation et la vente de pesticides toxiques, notamment contenant du glyphosate qui est connu pour causer des dommages à la fois à l’environnement et aux personnes, ManoMano a décidé de prendre position : nous ne vendrons plus ces produits sur notre place de marché. Nous espérons que cette décision contribuera à modifier l’utilisation de ces produits préjudiciables à notre santé et à notre planète. » Par cette déclaration, Christian Raison et Philippe de Chanville, cofondateurs de la place de marché spécialiste du jardinage et du bricolage, ont rendu publique leur décision de déréférencer, en novembre 2017, tout produit contenant du glyphosate, cet herbicide non sélectif classé depuis le 20 mars 2015 comme « probablement cancérogène » par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ).

La décision de ManoMano, au-delà du raisonnement spécifique invoqué, illustre la pression croissante qui s’exerce déjà, et s’exercera sans doute de plus en plus, sur les distributeurs par rapport à ces produits « soupçonnés ».

Distributeur, quel risque fais-je courir à mon entreprise en les commercialisant ? « Tous les négoces doivent se poser cette question, affirme l’un d’eux. D’abord parce que nous en vendons beaucoup ; ensuite parce que le monde est de plus en plus placé sous l’influence combinée du principe de précaution et des réseaux sociaux. Le distributeur ne peut plus se retrancher derrière la seule responsabilité de l’industriel. Qu’un problème survienne, et le client, quel que soit le niveau du préjudice qu’il aura subi, pourra s’estimer fondé à reprocher au distributeur de ne pas l’avoir informé clairement. C’est le sens de l’histoire. »

Question d’image. Sans même évoquer d’éventuelles suites judiciaires, le principal risque serait donc marketing : la dégradation de l’image du distributeur vis-à-vis de son environnement. Et qui dit image dégradée dit également ventes perdues…

« Tout cela est à peu près évident, mais que voulez-vous que je fasse ? Le travail de l’État ? Je n’ai ni le temps ni les moyens d’auditer mon catalogue. Et j’ai bien peur que 90 % de mes confrères soient dans mon cas », rétorque un autre, soulignant que, par nature, en tant que distributeur, il se positionne comme le défenseur de l’industriel qu’il a référencé. De fait, la position est très probablement ultramajoritaire, ce qui n’empêche pas certains de tenter une autre voie.

Socoda revendique ainsi, depuis toujours, un engagement pour un développement durable, respectueux de l’environnement et de la santé humaine. Cette promesse s’incarne dans un vaste dispositif qui rayonne aussi bien vers les fournisseurs que vers les clients.

En direction des premiers, le groupement de distribution pour le bâtiment et l’industrie affirme d’abord s’assurer que les réglementations...

Vous lisez un article de la revue Negoce n° 440 du 23/03/2018
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