Enjeux Réemploi

Les plates-formes de revente de matériaux, auxiliaires de la chasse au gaspi

Plusieurs sites se lancent sur le créneau prometteur de l’économie circulaire, jusque-là très informel.

Mais leur modèle économique et l’étendue de leurs services restent à affiner.

Au Havre, les architectes, bailleurs sociaux ou entreprises de construction pourront bientôt écouler ou récupérer des matériaux et équipements d’occasion grâce à un nouveau canal, et il sera numérique. L’architecte Frédéric Denise travaille actuellement sur son projet Permac, acronyme de « Plate-forme d’échange et réemploi de matériaux de construction ». Objectif : donner un élan à une pratique qui repose surtout, aujourd’hui, sur le bouche-à-oreille. « Nous souhaitons parvenir à une masse critique d’acteurs pour travailler en flux tendu », ambitionne le cofondateur.

Ces sites ciblent en priorité les surplus et les matériaux et équipements du second œuvre.

Effet d’aubaine. A l’image de Permac, d’autres plates-formes verront le jour dans les prochains mois. En Provence-Alpes-Côte-d’Azur, quelques architectes et professionnels du BTP travaillent par exemple au lancement de « Raedificare », qui vise à développer le réemploi dans la région. Ces initiatives viendront gonfler une offre en ligne qui connaît un renouveau depuis près d’un an, à l’image de « market places » comme Cycle Up (codétenu par Egis et Icade, les filiales ingénierie et immobilier de la Caisse des dépôts), lancé en mars dernier, ou BatiPhoenix, qui a vu le jour en août 2017. Le contexte est porteur. Le BTP devra, à horizon 2020, valoriser d’une manière ou d’une autre 70 % des 227 millions de tonnes de déchets qu’il produit en moyenne chaque année, ainsi que l’impose la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015.

A cette obligation vient s’ajouter un effet d’aubaine pour ces jeunes pousses. Dans sa feuille de route consacrée à l’économie circulaire, dévoilée le 23 avril, le gouvernement souhaite « dématérialiser le dispositif et promouvoir l’utilisation de données ouvertes pour favoriser l’émergence d’applications numériques permettant de faire le lien entre l’offre de matériaux réutilisables et la demande ». Exactement le créneau sur lequel se positionnent les nouvelles plates-formes de mise en relation et de vente entre professionnels.

Si le gisement de réemploi est important dans le BTP, il fonctionne encore à deux vitesses. Le taux de valorisation du gros œuvre et des déchets inertes, comme les gravats, atteint déjà 61 %. Dans le second œuvre, qui représente 11 millions de tonnes annuelles, en revanche, on est loin de ce taux : seuls 35 % des produits et...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5975 du 11/05/2018
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