Enjeux Conjoncture

Les majors du BTP écrivent l’après-crise

Mots clés : Entreprise du BTP

Vinci, Bouygues et Eiffage disposent de solides carnets de commandes, alimentés par le dynamisme du marché français. International et redressement des marges des activités travaux sont prioritaires.

Les majors du BTP le savent mieux que personne, chaque tunnel a une entrée et une sortie. Et au vu des résultats 2017 annoncés ces dernières semaines, les analystes sont quasi unanimes : Vinci, Bouygues et Eiffage s’extraient du long corridor de la crise, qui affecte leur activité BTP depuis cinq ans au moins. Les titans français ont tous atteint l’an passé leurs objectifs de croissance – ce qui était plutôt attendu avec la reprise du BTP esquissée en 2016 -, les dépassant même parfois. Les bénéfices sont eux aussi au rendez-vous, témoignant de la capacité des « business models » respectifs à capter de la valeur. « Les taux de marge opérationnelle des majors ont commencé à se redresser en 2017 », analyse Xavier Fournet, associé KPMG, responsable construction et infrastructures.

La profitabilité de chacun des géants français s’est même envolée l’an passé. Vinci, qui a annoncé le 7 février un chiffre d’affaires de 40,2 Mds € (+ 5,7 % par rapport à 2016), a vu son résultat net bondir de plus de 15 %, à 2,7 Mds €. Pour Bouygues, la croissance du chiffre d’affaires atteint 4 %, à 32,9 Mds €, pour un résultat net qui décolle de 48 % (plus de 1 Md €), des résultats dévoilés par le groupe familial le 22 février. Eiffage, dernier à fournir ses scores, le 1er mars, affiche de son côté un chiffre d’affaires tutoyant les 15 Mds € (14,976 Mds €, + 6,9 %), son résultat net gonflant de plus de 23 %, à 512 M€. L’optimisme prévaut déjà pour 2018. Il s’appuie sur des carnets de commandes bien remplis : au 31 décembre dernier, Vinci disposait déjà d’un volume consolidé d’activité de 29,3 Mds € (+ 7 % par rapport à 2016), Bouygues de 31,9 Mds € (+ 6 %) et Eiffage de 12,9 Mds € (+ 7 %). L’équivalent d’une année d’activité, ou presque.

Cycle électoral. Au moins trois raisons expliquent cette santé retrouvée. La première, c’est que si la conjoncture internationale est bien orientée, la locomotive commerciale française a aussi redémarré en trombe. « Après des points bas historiques et successifs en 2014, 2015 et 2016, le marché français a bien redémarré en 2017 », note Xavier Fournet. Une bonne nouvelle, tant le marché domestique pèse lourd dans les activités travaux publics et...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5967 du 16/03/2018
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