Actualité Bâtiment et travaux publics

Les entreprises fragilisées par la baisse d’activité

Mots clés : Entreprise du BTP - Travaux publics

Pour la sixième année consécutive, BTP Banque a réalisé une analyse de l’évolution du secteur du BTP en s’appuyant sur les bilans de 5 000 de ses clients. Les conclusions de l’étude confirment malheureusement les nombreuses alertes lancées ces derniers mois par la FFB et la FNTP : les entreprises de BTP sont sur la corde raide. Entre 2008 et 2013, leur rentabilité – bien qu’elle se soit stabilisée en 2013 – a ainsi été quasiment divisée par deux (graphique du haut). Une baisse due à « une concurrence particulièrement vive avec des prix de plus en plus bas impactant la marge des entreprises », analyse Claude Lavisse, président du directoire de BTP Banque. Quant à la part des entreprises déficitaires, elle atteint 15 %, un taux en légère baisse par rapport à 2012.

Après quatre années de dégradation, la valeur ajoutée des entreprises de BTP s’est, elle, calée à des niveaux particulièrement faibles en 2013 (graphique central). « Nous atteignons un plateau extrêmement bas qui traduit l’incapacité des entreprises à sortir la tête de l’eau, s’inquiète Claude Lavisse. Alors que les crises économiques précédentes se réglaient au final par un rééquilibrage mécanique de l’offre et de la demande, celle-ci ne peut réaliser son cycle naturel”, car des facteurs exogènes, notamment l’afflux de travailleurs détachés qui ne respectent pas toujours la réglementation, maintiennent artificiellement l’offre et influent négativement sur les prix. »

Erosion de la structure financière

Autre constat : depuis cinq ans, la trésorerie des entreprises se détériore peu à peu. Cette dégradation a de multiples causes comme l’érosion de la structure financière des entreprises, des comptes clients trop lourds ou encore des difficultés croissantes pour encaisser les créances clients du fait de la résurgence de nombreuses contestations parfois infondées. Dans le même temps, les délais de paiement des fournisseurs sont de plus en plus courts et ne sont pas compensés par les délais de paiement des clients, qui restent trop élevés (graphique du bas). Ce qui fragilise encore les trésoreries, générant une hausse du besoin en fonds de roulement.
Pour conclure sur une note optimiste, l’étude constate certains signes de stabilité, voire d’amélioration selon les secteurs d’activité. « Si nous ne pouvons pas parler de reprise, l’annonce récente de mesures en faveur du secteur apporte néanmoins un peu d’espoir », conclut Claude Lavisse.

Méthodologie L’étude de BTP Banque a été réalisée à partir d’un échantillon d’environ 5 000 entreprises de BTP issues du cœur de cible du fonds de commerce de la banque. Soit un échantillon fourni et très représentatif du secteur. Les entreprises sont réparties comme suit : 1 400 entreprises de gros œuvre (chiffre d’affaires cumulé de 9 milliards d’euros), 2 600 entreprises de second œuvre (chiffre d’affaires cumulé de 13 milliards d’euros) et 1 000 entreprises de travaux publics (chiffre d’affaires cumulé de 9 milliards d’euros).

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