Enjeux Enquête sur les salaires

Les employeurs desserrent les cordons de la bourse… d’un cran

Mots clés : Entreprise du BTP - Travail

Plus généreuses que l’an passé, les politiques salariales dans le BTP resteront prudentes, et ciblées. Les DRH valorisent aussi d’autres instruments de fidélisation.

Malgré la reprise de l’activité, les employeurs du BTP n’iront pas jusqu’à casser leur tirelire pour leurs cadres en 2018. « Mais les politiques salariales seront plus dynamiques que les années précédentes : les entreprises vont lâcher du lest », annonce Guillaume Beghin, DRH du groupe Legendre. D’autant que les salariés, régulièrement approchés par des recruteurs, entendent bien profiter de l’embellie. « Nous allons donc apporter un peu de souplesse pour gérer ces attentes fortes en interne, avec un budget qui reste toutefois maîtrisé, car les marges n’ont pas encore progressé pour autant », résume Jérôme Pavillard, DRH du groupe Razel Bec. Un discours que les partenaires sociaux peuvent parfois entendre. « La région vient de traverser deux ans de difficultés financières, mais la direction a maintenu l’emploi et réinjecté de l’argent dans son entité : nous en tenons compte », livre Samir Bairi, élu chez Eiffage Construction Normandie.

Pas question, encore, de baisser la garde. « L’évolution de notre politique salariale s’apparentera davantage au décollage d’un avion qu’à celui d’une fusée », illustre Jean-Manuel Soussan, DRH de Bouygues Construction. Comme d’autres grandes entreprises du secteur, le groupe table, pour 2018, sur une croissance de 2,5 % de sa masse salariale, contre 2 % l’année dernière. Chez Ingérop, « nous privilégions les revalorisations régulières pour récompenser le mérite individuel et l’engagement plutôt que les hausses spectaculaires ponctuelles », explique de son côté Biljana Kostic, adjointe DRH. Les minima des premiers niveaux « cadres » seront par ailleurs revalorisés de 2 % au niveau de la branche du BTP. « Une bonne augmentation au regard de l’inflation 2017 [1,2 % en décembre, NDLR] », considère Jean-Michel Gillet, secrétaire national à la CFDT Construction.

Cibler les compétences précieuses. Cette hausse vise en outre à attirer de jeunes cadres dans la profession. Signe de temps meilleurs, « les débats au sein des entreprises du secteur se déroulent dans un climat moins tendu que les années précédentes », rapporte le responsable cédétiste. Si le contexte ne se prête pas encore aux largesses, les enjeux de fidélisation sont plus que jamais au cœur des préoccupations des employeurs. Stéphanie Madinier, DRH du groupe francilien Balas, se retrouve ainsi confrontée, « de façon paradoxale, à une situation presque plus difficile à gérer qu’au...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5963 du 16/02/2018
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