Architecture Chauffage

Les émetteurs jouent la polyvalence

Mots clés : Chauffage - froid - Démarche environnementale - Politique énergétique

Avec l’essor de la basse consommation, le choix de l’émetteur de chaleur répond à une stratégie d’économie d’énergie.

Basse consommation oblige, le choix d’un émetteur de chaleur ne répond plus strictement aux préoccupations traditionnelles liées à la production, à la distribution et à la régulation de chaleur. Comme le résume Bruno Georges, dirigeant du bureau d’études thermiques et énergétiques ITF, « il ne s’agit plus de choisir un émetteur, mais d’attribuer plusieurs fonctions à un même système en tenant compte des notions d’énergie grise et d’économie circulaire. » Ainsi, sur un bâtiment d’enseignement ventilé par une centrale double flux, « la densité d’occupation impose un débit de ventilation de 30 m³/h. Ce flux convient aussi pour assurer le chauffage, quitte à équiper chaque salle d’une batterie à eau chaude pour réguler l’ambiance. Les avantages sont évidents : pas d’émetteur visible, un réel confort sans effet de paroi froide et l’économie d’une distribution complète d’eau de chauffage. »

Il s’agit aujourd’hui d’attribuer plusieurs fonctions à un même système.

Les atouts de la dalle active. Les ingénieurs reconnaissent également les avantages de la dalle active dans des ouvrages tertiaires bien isolés et à structure béton. Elle consiste à noyer un serpentin de canalisations au cœur de la dalle d’étage pour tirer pleinement parti de son inertie. « Sur le réseau secondaire de la dalle active, il est possible de travailler au maximum à 26-27 °C en chauffage et à 18 °C en rafraîchissement », assure Bruno Georges. Pour le réseau primaire, une nappe souterraine suffit pour climatiser, puisque la chaleur surfacique de 21-22 °C est diffusée à la fois par la dalle et par le plafond. Un bémol toutefois, puisqu’un surdimensionnement peut engendrer une surchauffe. Si la dalle active peut être exploitée sans une régulation complexe, sa gestion mérite un suivi des températures.

Alors que le plancher chauffant enregistre toujours une belle croissance, cette solution est-elle laissée de côté ? « La dalle active est à préconiser pour les régions septentrionales, explique Joséphine Ledoux, ingénieure thermicienne chez Enera Conseil. Dans le Sud-Est, son inertie est telle que, sur un cycle journalier, les apports extérieurs peuvent provoquer une surchauffe. La demande existe, mais la gestion du régime de température rend ce choix délicat. » Pour autant, les solutions classiques ne sont pas mises au rebut. A la faveur de la RT 2012, les radiateurs électriques associés à un poêle à bois conviennent localement. Les radiateurs à eau chaude conservent aussi leur intérêt. Mais, remarque Jean-Pascal Roche, gérant du bureau d’études Adret : « Il vaut mieux les dimensionner pour une loi d’eau 80/60 °C. Bien sûr, ils ne travailleront à ce régime que quelques jours par an, mais 90 % du temps ils recevront une eau de départ à 55/60 °C. Et si on les dimensionne pour un départ à 50 °C, on installera des éléments monstrueux dans les pièces ! » Il faut savoir raison garder.

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