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Les électriciens en progression discrète

Mots clés : Artisanat - Conjoncture économique - Coûts et prix - Entreprise du BTP - Métier de la construction - PME - Politique du logement

-Des artisans et PME qui tiennent la dragée haute aux grands groupes. -Les électriciens de l’Ouest ont d’ailleurs créé une entité nationale sous le nom de Système Bien-Etre.

Méconnus ? Pas vraiment. D’abord, ils sont nombreux : les électriciens « bâtiment » représentent au 30 juin 1997, dans les Pays de la Loire, 695 entreprises, dont 612 de moins de 10 salariés et 83 de plus de 10. Ces sociétés emploient au total 4 580 salariés, dont 1 990 chez les artisans et 1 591 dans les entreprises de plus de 10 salariés. Dans la région, il y a 8 877 entreprises de bâtiment employant au moins un salarié. « La région enregistre une progression de 1,7 % des effectifs chez les artisans et une diminution de 1,4 % dans les PME », explique Patrick Bachelier, chargé d’étude emploi-formation à la cellule économique régionale du BTP. Seules trois entreprises comptent plus de 100 salariés. En matière de travaux publics d’électrification et d’éclairage, les travaux représentent 1,495 milliard de francs en 1997, avec un chiffre d’affaires en légère progression depuis trois ans (+ 3,7 %). Mainguy et Garczynski étant les deux principales entreprises d’un secteur qui compte 2 274 salariés en TP pour 34 entreprises répertoriées.

En Mayenne, on compte environ 120 entreprises d’électricité, dont un tiers d’artisans, et une quarantaine d’entre-elles emploient moins de 30 salariés.

En Sarthe, pour Christian Gillier, président de la fédération du bâtiment, mais aussi électricien à la tête de l’entreprise EGE à Arnage, « le volume de travail de la profession n’est pas mauvais, même si le niveau de prix est toujours bas. Les entreprises artisanales d’électricité sont nombreuses dans le département, et si l’on trouve les majors au Mans – Spie, Cegelec, Garczynski – on se retrouve peu sur les mêmes marchés. Ces grosses entreprises font du tertiaire, de l’industriel pur et surtout du process industriel qui demande des moyens de conception, alors que nous ne réalisons que de l’électricité pour les PME».

C’est dans le tissu artisanal vendéen que l’on trouve les données les plus récentes et les plus significatives des tendances de la profession. La Vendée compte 300 adhérents électriciens à la CAPEB, pour 367 entreprises inscrites au registre des métiers. 159 entreprises sont employeurs de 790 salariés. La CAPEB de Vendée vient, en effet, de réaliser une enquête sur un échantillon de 45 sociétés d’électricité. En termes d’activité, le chiffre d’affaires des entreprises de ce secteur est de 400 millions de francs pour 1996.

« L’opinion des électriciens sur la conjoncture, explique Bruno Leclerc, secrétaire général de la CAPEB de Vendée, est un peu plus pessimiste en ce qui les concerne que pour les autres secteurs du bâtiment. En 1995, les opinions favorables en matière de conjoncture représentaient 53 %, puis 26 % en 1996 et 39 % en 1997 ; chez les électriciens elles sont de 33 % en 1997, avec une opinion un peu plus positive qu’en 1996. »

Le carnet de commandes des artisans électriciens vendéens est plus diversifié que celui des autres corps de métiers : 18 % de chantiers d’une durée inférieure à un mois pour les électriciens contre 3 % pour les autres corps, 42 % d’une durée de un à trois mois contre 57 %, 38 % de trois à six mois contre 27 %, et 2 % au-delà de six mois contre 5 %. Ce sont des chantiers courts, avec une tendance de prix toujours tirés.

La structure des prix a changé. D’abord sur le montant : les prix pratiqués sont en augmentation depuis trois ans. « En 1997, près de 53 % des électriciens vendéens pratiquent un prix horaire supérieur à 142 F HT, poursuit Bruno Leclerc. Plus l’entreprise est importante, plus le prix de l’heure est élevé, entre 125 F et 170 F ». Ce facteur est certes lié aux charges salariales croissantes, mais également au fait que les grandes entreprises ont une meilleure approche de commercialisation du prix de l’heure. L’artisan seul reste le plus souvent absorbé par ses taches techniques, et aura plus de mal à vendre son temps de travail.

Mais c’est aussi la structure du prix de revient des électriciens qui se modifie : une majorité d’entre eux diminue la marge sur le matériel et augmente le prix de l’heure. Certaines entreprises ont même renoncé au coefficient de frais généraux – qui est de 1,25 ou 1,3 -, et réduisent leur coefficient de marge bénéficiaire de 1,05 à 1,1. « Cette tendance s’explique par le fait que l’électricien veut valoriser son savoir-faire, alors que les produits sont disponibles dans les grandes surfaces de bricolage, et qu’il devient difficile d’y pratiquer une marge, explique Bruno Leclerc. L’augmentation réelle du prix de l’heure tient aussi à un marché qui doit être meilleur, sinon le prix de l’heure n’aurait pas augmenté dans d’aussi fortes proportions : en 1995, plus de 40 % des électriciens vendéens avaient un prix horaire inférieur à 130 F, en 1997, 90 % pratiquent un tarif supérieur à 130 F, et 30 %, supérieur à 150 F HT. »

L’activité en Vendée est régulière parce que le marché est constitué d’une foule de petits chantiers individuels : 80 % de la population habite dans une maison individuelle dont 80 % est propriétaire. Les gros chantiers sont très rares. Le positionnement des entreprises électriques est identique en Mayenne, dans la Sarthe et en Vendée : elles sont beaucoup plus polyvalentes que les autres entreprises du bâtiment. « Contrairement au maçon, l’électricien est un polyvalent. On ne trouve pas d’entreprises spécialisées dans le neuf, la rénovation, ou les marchés publics », explique Christian Gillier, président de la fédération du bâtiment de la Sarthe.

Du côté breton, la profession est très atomisée. Sur les 650 à 700 entreprises d’électricité « bâtiment » que compte cette région, 80 % ne dépassent pas cinq salariés. Pour l’an passé, Yannick Morin, directeur de la cellule économique du BTP, estime le chiffre d’affaires global à 2,8 milliards de francs, avec environ 70 % réalisés en travaux neufs. « La part des entreprises artisanales, dans le chiffre d’affaires électricité, commence néanmoins à diminuer, et ce au profit des grandes entreprises. Pour preuve, elles représentaient 58 % en 1989, contre 38 % en 1991. Parallèlement, la part des grandes entreprises (cent salariés et plus) est passée de 13 à 39 % », souligne le responsable. Il est vrai que les dix dernières années ont été le théâtre de rachats de PME par de grands groupes.

En ce qui concerne le niveau d’activité, il s’élève à environ 500 000 francs par actif, contre une moyenne de 350 000 francs pour l’ensemble du secteur Bâtiment. « 1997 et 1996 ne se sont pas trop mal passées en raison du rattrapage effectué dans la maison individuelle. Le prêt à taux zéro a constitué une incitation très forte pour les particuliers. En revanche, 1998 sera plus difficile avec des rythmes de constructions neuves qui seront plus près de ceux connus dans les années 1994 et 1995. Et l’appareil de production, qui s’est maintenu grâce à cette mesure, va vraisemblablement en pâtir. En effet, je n’imagine pas ce qui pourrait déclencher une reprise dans le secteur du non-résidentiel puisqu’il y a un équilibre entre l’offre et la demande. Toutefois, une rupture n’est pas à prévoir puisque la maintenance du parc – construit ces dernières années – va pouvoir compenser la baisse d’activité en neuf », poursuit Yannick Morin.

En termes de répartition du chiffre d’affaires, les entreprises d’électricité bretonnes travaillent à hauteur de 23 % pour le logement individuel, et ce à égalité avec le bâtiment industriel et le stockage. Mais ce n’est pas du tout le même type d’entreprise qui remporte ces marchés. « On constate que les petites entreprises (jusqu’à dix salariés) font environ 70 % de leur volume d’affaires sur le marché du logement, surtout dans l’individuel. A l’opposé, les grandes entreprises de cent salariés et plus sont quasiment absentes de ce marché. Leur activité est surtout basée sur le non-résidentiel qui constitue 80 % de leur chiffre d’affaires, 16 % provenant des travaux publics. Quant à celles qui comptent entre onze et vingt salariés, ce sont les plus diversifiées », détaille le responsable.

Plus précisément, les entreprises de travaux publics spécialisées dans les réseaux électriques sont une vingtaine en Bretagne, les trois quarts d’entre-elles étant des agences d’entreprises extérieures. En 1991, le chiffre d’affaires réalisé s’élevait à 1,4 milliard de francs, soit 27 % du volume d’affaires global des travaux publics.

PHOTOS :

Les artisans électriciens de Vendée profitent de prix en augmentation depuis trois ans : plus de 142 francs HT de l’heure en 1997.

La société Sipect installe des interphones dans un ensemble d’immeubles à Beaucouzé (Maine-et-Loire).

Raccordement d’un ensemble de logements à Angers aux réseaux électriques.

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Entretien JEAN GALLAND, président de la Fédération nationale des électriciens-conseils «Système Bien-Etre» « L'artisan isolé est menacé »

Que regroupe votre fédération ?

Nous sommes une structure fédérale de seize associations départementales composées, à parité, d’artisans électriciens et d’agents commerciaux EDF. Notre objectif est de promouvoir l’électricité dans l’habitat, de conseiller et proposer des solutions globales aux clients. Au total, nous représentons 700 artisans électriciens, et Système Bien-Etre devrait réunir trente associations départementales en 1998.

Quelle est votre activité en matière de promotion des artisans ?

Nous dispensons des formations commerciales aux artisans électriciens. Parallèlement, Système Bien-Etre essaie de promouvoir les démarches qualité pour aller vers une certification de la profession. L’artisan seul a du mal à établir une politique commerciale ou à se former tout seul. On monte des plans de formation, des actions de communication, des mailings. Certains moyens sont mis en commun : des associations départementales embauchent un commercial pour 40 artisans.

Quelles sont, pour vous, les perspectives de la profession?

Le marché de l’habitat est important en matière de rénovation, mais aussi, avec l’essor de la domotique, dans le neuf. Pourtant, l’artisan isolé est menacé par les grandes surfaces de bricolage, c’est pourquoi il faut absolument professionnaliser les relations entre agents commerciaux EDF, artisans électriciens et clients.

L’artisan électricien doit s’attacher à l’évolution du client et lui proposer une solution complète, de qualité. Cette activité de conseil va se développer.

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PAYS DE LA LOIRE Sipect Une PME face aux entreprises générales

Pour Jacques Bridonneau, P-DG de Sipect, à Beaucouzé (Maine-et-Loire) -80 salariés, installation électrique et chauffage-plomberie-, le marché s’est dégradé au point que lui et Jean-Claude Delhommeau, son associé, ont préféré baisser le chiffre d’affaires de l’entreprise de 20 % en 1995 plutôt que de casser les prix.. « On a toujours considéré que la main-d’oeuvre avait son prix : 160 F/h. C’est le savoir-faire qu’on vend… »

Corollaire d’une valorisation du savoir-faire, la formation : « Nous formons nos compagnons pour les normes de chantier avec la Socotec, et, pour la mise en oeuvre des produits, avec les fabricants.» Mais Jacques Bridonneau s’étonne du fait qu’en Maine-et-Loire 40 % des électriciens adhérents à Système Bien Etre ne soient pas qualifiés Qualifelec.

« Pareillement, lorsque Angers Habitat travaille à 70 % avec des entreprises générales, on ne peut plus suivre en second oeuvre , s’insurge le P-DG. Au point que s’organise, dans les entreprises angevines, un front du refus de la sous-traitance des entreprises générales, qui réalisent leur marge sur nous. Duchemin a réalisé un chantier de 61 logements à Angers, pour lequel elle n’a pas trouvé d’entreprise d’électricité qui accepte de travailler à ses tarifs ; l’entreprise a réalisé l’électricité elle-même ! Cela crée un précédent. »

PHOTO : Jacques Bridonneau et Jean-Claude Delhommeau : «Nous préférons travailler moins, mais à bon prix.»

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PAYS DE LA LOIRE EDV ET GUIOUILLER

EDV Une stratégie de niches et de services

Avec 80,8 millions de francs de chiffre d’affaires en 1996, Eclairage des villes (EDV) est la sixième société privée des Pays de la Loire spécialisée dans l’installation électrique, qui plus est le dernier grand indépendant de l’agglomération nantaise ; statut auquel Jean-François Rousseau, P-DG, demeure très attaché. Basée dans le centre-ville de Nantes depuis 1927, EDV (108 salariés) réalise l’essentiel de son activité dans deux secteurs. L’entreprise est depuis longtemps spécialisée dans le bâtiment tertiaire (électrification, mise en réseau informatique), avec des réalisations récentes comme le lycée de Bouaye, ou le central Bossuet de La Roche-sur-Yon pour France Télécom, ainsi que de nombreux chantiers de rénovation. L’autre secteur dans lequel EDV s’est imposée est l’installation électrique de stations-service pour les principales enseignes pétrolières. Cette année, l’entreprise a réalisé trois des quatre nouvelles stations de l’A83 (Nantes – Fontenay-le-Comte).

Cette activité de niches conduit EDV à suivre ses clients sur l’ensemble du territoire français. « Nous voulons avant tout nous positionner en tant que prestataire de services , indique Jean-François Rousseau, sachant que la durée de vie limitée des niches nous imposera une diversification..» EDV prévoit une croissance de 6 % en 1997 et un accroissement sensible de sa rentabilité nette (410 000 F en 1996).

Guiouiller Observer la demande

En cinq ans, Guiouiller, petite société d’électricité qui emploie 35 salariés à Laval, en Mayenne, s’est taillé une place dans l’Ouest, sur le marché de l’ascenseur, des fermetures automatiques et de la maîtrise des accès. « Au départ, nous avons perçu une demande chez nos clients industriels, notamment pour l’automatisation des portes », note Yves Guiouiller, le P-DG. Ce départ empirique va rapidement conduire l’entreprise lavalloise à élaborer une offre globale recouvrant « l’accessibilité » et la sécurité : élévateurs pour handicapés, vidéo-surveillance, portes automatiques, etc. « Mais c’est le recrutement d’un technicien spécialisé qui nous a vraiment permis d’aborder le marché très fermé de l’ascenseur », explique Yves Guiouiller. Aujourd’hui, ces nouvelles activités représentent plus de 50 % du chiffre d’affaires de Guiouiller dont le bureau d’études arrive à saturation.

La PME s’est acquis une vaste clientèle dans le secteur public, tertiaire ou commercial. Mais pour réussir cette diversification, la PME mayennaise a su sacrifier d’autres savoir-faire, notamment le montage de cuisines pour les collectivités, l’une des spécialités sur laquelle elle a construit sa réputation. L’entreprise a cependant conservé une branche électricité générale pour le tertiaire et l’industrie, ainsi qu’un secteur « bien-être électrique » orienté vers les particuliers. Guiouiller a réalisé un chiffre d’affaires de 17 millions de francs en 1996.

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Jean-François Rousseau : «Nous voulons nous positionner en tant que prestataire de services.»

Yves Guiouiller :

«Au départ, nous avons perçu une demande chez nos clients industriels…»

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BRETAGNE CEI/SEI/PEI ET BRETELEC

CEI/SEI/PEI Les frères Cadiou ne mettent pas tous leurs oeufs dans le même panier

D’abord, il y a CEI (Cadiou Electro Industrie), dont le P-DG est Claude Cadiou, l’aîné des trois frères. Basée à Landerneau, cette PME de soixante-treize personnes (40 millions de francs de chiffre d’affaires), créée par leur père, a une activité de bobinage et d’électricité industrielle. « Soixante-dix pour cent de nos clients sont des industriels de l’agroalimentaire qu’ils soient privés ou coopératifs comme Doux, Gad, Coopagri ou encore Even. Nous ne faisons pas de logement parce qu’à Landerneau il y a peu de grands ensembles », souligne Claude Cadiou.

Quelques dizaines de kilomètres plus loin, à Brest, la SEI (Société d’électricité industrielle), qui emploie cinquante salariés pour un chiffre d’affaires de 33 millions de francs, est dirigée par Roman Cadiou. Parmi les clients, beaucoup d’administrations comme France Télécom, EDF, mais aussi Thomson, la DCN, ou encore la SDMO. Il y a deux ans, la SEI a souhaité se diversifier en rachetant un fonds d’entreprise d’électricité générale (logement et courants faibles) qui lui amène aujourd’hui de nouveaux marchés, notamment en promotion immobilière.

Enfin, il y a cinq ans, la famille Cadiou a racheté à Plérin, près de Saint-Brieuc, une entreprise d’électricité baptisée PEI (Perrot Electricité Industrie), qui emploie quinze personnes. « PEI intervient assez souvent dans le commerce et l’équipement de moyennes surfaces de vente comme par exemple Lidl », précise Claude Cadiou.

Après les moments difficiles de 1993, Claude Cadiou est plus confiant dans l’avenir. « Depuis six mois, cela bouge bien nous avons entendu parler de projets », se félicite-t-il. Et de conclure : « Nous avons une visibilité qui ne dépasse pas les trois mois, mais les investisseurs privés sont toujours comme cela : ils mettent du temps à se décider, et ensuite il faut que cela aille vite ».

Bretelec défend le capital humain

Créée à Brest en novembre 1995 par Jean Simon, cette entreprise d’électricité générale emploie aujourd’hui quinze personnes et réalise un chiffre d’affaires de 6,5 millions de francs. « Depuis décembre 1996, nous avons lancé une activité « armoires électriques » qui représente 20 % du volume d’affaires, mais il s’agit d’un secteur de l’entreprise autonome, puisque je me suis associé avec un ingénieur qui avait auparavant une entreprise de ce type. Pour le reste, un bon tiers du chiffre d’affaires est réalisé dans le tertiaire privé et presque autant avec des marchés publics », détaille cet ancien ingénieur d’affaires d’une entreprise régionale importante. Avec des clients comme le groupe hôtelier Sofibra, Jean Simon aligne quelques références prestigieuses, et dispose aujourd’hui d’une visibilité à six mois dans son carnet de commandes.

Néanmoins, il vient de décider d’engager Bretelec dans une FIT (formation intégrée au travail), un dispositif assez lourd puisqu’il concerne les neuf salariés de production, et ce, à raison de 12 jours complets (96 heures au total) de formation par personne. « Sans compter le temps des gars qui ne travailleront pas pendant le temps de formation, l’investissement avec les aides se monte à environ 40 000 francs. Mais dans la conjoncture actuelle, où les chantiers sont très diversifiés et de plus petite importance, il nous faut des compagnons autonomes, capables de s’adapter et ayant l’esprit d’initiative », explique-t-il.

Car, pour Jean Simon, l’entreprise doit avoir un rôle social : « Certains disent souvent que le capital de l’entreprise, c’est les hommes. Je suis entièrement d’accord. D’ailleurs, ici, nous allons plus loin : puisque c’est le capital, autant le rémunérer. S’il est en ce moment difficile d’augmenter les salaires, il sera en revanche tout à fait possible de distribuer les bénéfices », annonce-t-il.

Si Bretelec compte deux apprentis (un bac pro et un CAP), elle vient également d’embaucher en contrat à durée indéterminée deux intérimaires qui travaillaient déjà depuis longtemps.

« Cela dit, pas question pour moi d’avoir une grosse structure. Je n’ai pas du tout envie d’aller chercher des marchés « alimentaires » à des prix complètement cassés », dit-il. Et, comme Jean Simon a toujours un oeil fixé sur l’avenir, il commence à préparer son départ en retraite. « J’ai un peu plus de 50 ans et j’aimerais trouver un BTS en alternance auquel petit à petit je pourrais « apprendre » le métier de chef d’entreprise. Je pourrais le former pendant cinq ans et ensuite me retirer progressivement », conclut-il.

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Claude et Roman Cadiou sont confiants dans l’avenir : « Ca bouge bien, nous avons entendu parler de projets.»

Jean Simon, dirigeant de Bretelec, vient d’engager sa société dans une formation intégrée au travail.

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