Enjeux Entretien avec Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment (FFB).

« Les effets de la loi Elan ne se feront sentir que dans cinq ans »

Le patron de la FFB redoute un fléchissement de l’activité dès 2019. Mais croit aux effets positifs du numérique sur la filière.

Quelle conjoncture anticipez-vous pour 2018 ?

2018 devrait être une bonne année, nous tablons sur une croissance d’activité de 2,5 %. Néanmoins, les premiers signes de tassement se font sentir, puisque l’an dernier nous avions enregistré une hausse de 5 %. La baisse des ventes de logements neufs, le manque de visibilité de financement pour les bailleurs sociaux, aussi bien dans le neuf que dans la rénovation, devraient conduire à un fléchissement de l’activité à partir de fin 2019. A nos inquiétudes sur le marché du logement social s’ajoutent nos craintes liées au rabotage du prêt à taux zéro et à la suppression du Pinel en zones B2 et C.

Certes, dans le non résidentiel, les résultats sont meilleurs. Mais le volume reste toutefois inférieur de 20 % à la moyenne de ces trente dernières années ! Quant au marché de l’amélioration-entretien, il se redresse un peu mais ne décolle toujours pas.

Sur l’assurance construction, les difficultés et défaillances d’acteurs en libre prestation de service (LPS) concernent vos adhérents. Quelle est votre action ?

Certains assureurs ont profité d’une situation difficile de nos artisans et entrepreneurs pour faire du low cost, en proposant des garanties décennales à prix cassés. Nous avions pourtant alerté nos adhérents sur ces compagnies à bas coût qui méconnaissent le régime décennal français. Or, à la suite des difficultés ou défaillances de plusieurs assureurs opérant en LPS survenues ces derniers mois, beaucoup de professionnels se retrouvent aujourd’hui dans une situation délicate : à défaut de couverture, ils pourraient être amenés à régler eux-mêmes les sinistres éventuels à la place de leur assureur défaillant. De nombreuses faillites seraient alors à craindre dans les prochains mois ou années, alors même que le bâtiment connaît enfin une reprise marquée. Notre rôle en tant que fédération, face à une situation de crise de cette ampleur, est de trouver des solutions pour nos adhérents qui se sont fait piéger de bonne foi. Nous avons donc demandé à trois assureurs mutualistes [L’Auxiliaire, CAM et SMABTP, NDLR] de réfléchir à la création d’une offre pour réassurer les entreprises pénalisées par les défaillances de ces compagnies d’assurance low cost sur les deux dernières années écoulées....

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5972 du 20/04/2018
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