Architecture Centre aquatique

Les économies d’énergie plongent dans le grand bain

Mots clés : Energie renouvelable - Établissements sportifs couverts - Politique énergétique

La piscine Sainte-Victoire, près d’Aix-en-Provence, mise sur la biomasse et sur un circuit aéraulique adaptable.

Livré en mai 2016, le centre aquatique Sainte-Victoire, à Venelles (Bouches-du-Rhône), près d’Aix-en-Provence, affiche de grandes ambitions en matière d’économies d’eau et d’énergie. Construit dans le cadre d’un contrat en réalisation, entretien, maintenance (Crem) piloté par le groupement Spie Batignolles Sud-Est (mandataire), Engie Axima et Engie Ineo, le complexe sportif visait une réduction des consommations d’énergie et d’eau de 50 % par rapport à un équipement classique, et une production de chaleur renouvelable à 85 %. Le tout pour un montant de 25 M€, hors conception.

Cet établissement de 4 000 m² se compose de trois bassins : un sportif intérieur de 33 m, un dédié aux activités ludiques et un extérieur de 50 m. L’ensemble est piloté par le Smart Aqua, une gestion technique directement connectée aux portables des responsables du site, qui les informe notamment de la fréquentation des bassins et de leur température. L’exploitant s’est fixé des objectifs de confort classiques : une eau à 28 °C et une humidité relative de 14 à 16 grammes d’eau par kilo d’air sec. Pour les atteindre, le chauffage de l’air et de l’eau est assuré par une chaudière biomasse de 400 kW, alimentée en bois local déchiqueté. Pour l’appoint et la remise en température des bassins après chaque remplissage, une chaufferie au gaz composée de deux chaudières de 600 kW chacune est mise en service.

Déshumidification performante. Autre point sensible de l’équipement thermique : le circuit aéraulique. Les 78 800 m³/h nécessaires aux différents espaces sont fournis par deux centrales fonctionnant en tandem. La plus importante affiche une capacité de 64 000 m³/h en soufflage. Cette centrale à modulation d’air neuf peut assurer un débit hygiénique minimal de 13 620 m³/h et une ventilation en free cooling . Dès que la température extérieure dépasse les 27 °C, le toit du bâtiment s’ouvre, et le régime de ventilation est réduit. La seconde, d’un débit de 14 800 m³/h, est une centrale de traitement d’air dotée d’une pompe à chaleur de 250 kW dédiée à la déshumidification et au réchauffage du volume d’air extrait.

Mathieu Joly, responsable efficacité énergétique et environnementale d’Engie Axima, a dressé un premier bilan de l’exploitation en mai dernier. Les consommations d’énergie étaient inférieures de 8 % à l’objectif fixé, grâce aux bons résultats de la chaufferie biomasse. La consommation de gaz était même inférieure de 10 % aux prévisions : une bonne performance due à la déshumidification, qui a permis de récupérer plus d’énergie que prévu sur l’air des bassins.

En revanche, les consommations d’eau ont dépassé de 30 % le seuil demandé. Un écart important lié à une opération de vidange imprévue. Selon Mathieu Joly, « s’il est difficile d’améliorer encore les scores thermiques, il est possible de réduire le renouvellement d’eau par baigneur à 25 litres contre 30 litres réglementairement, grâce à l’hygiénisation par ozone de l’eau ». Cette mesure aurait un impact positif à la fois sur les volumes d’eau utilisés et sur l’énergie nécessaire à son réchauffage.

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