Enjeux Prévention

Léon Grosse stimule l’attention des salariés sur les chantiers

Mots clés : Entreprise du BTP

Nos capacités d’attention sont limitées : concentrés sur une tâche, nous pouvons rater un événement qui se déroule pourtant sous nos yeux. On parle alors de « cécité d’inattention », un phénomène cognitif mis en exergue par des chercheurs en psychologie américains à la fin des années 1990. Léon Grosse Pays de la Loire s’est inspiré de leurs travaux pour mettre en place, en 2016, des mesures destinées à prévenir les situations dangereuses sur les chantiers. « Jusqu’alors, nous disposions de peu d’outils pour appréhender le facteur humain en matière de sécurité », raconte Florent Hoareau, co-animateur QSE et développement durable.

Prendre en compte la charge cognitive. L’application de ces études a conduit en premier lieu à analyser les tâches et à les organiser en fonction des courbes de chronobiologie. « Le créneau compris entre 8 h et 11 h du matin offre une meilleure capacité de concentration. » A contrario , l’attention se relâche entre 11 h et 14 h, les accidents du travail sont alors plus fréquents. Au vu de ces connaissances, l’idée est d’essayer de planifier tôt dans la journée les travaux qui requièrent une attention soutenue. A défaut, le chef de chantier ou le chef d’équipe scrute l’exécution de la tâche. De la même manière, l’organisation du travail tient compte, autant que faire se peut, de la charge cognitive. « Le fait que le cerveau frôle la saturation en fin de journée ou en fin de semaine constitue un facteur de risque dans le BTP », insiste Florent Hoareau.

En parallèle, le service QSE organise des visites sécurité sur les chantiers, qui bénéficient ainsi d’un œil extérieur. Autre axe de la démarche : attirer davantage l’attention des compagnons sur les dispositifs de prévention. « Accoutumés à la présence d’affiches rappelant les consignes de sécurité, nous finissons par ne plus les voir. De la même manière, nous ne nous apercevons plus qu’une protection momentanément ôtée n’a pas été replacée. Aussi, nous nous attachons à changer régulièrement l’emplacement de l’affichage, toujours à des endroits générant un flux de passage important des ouvriers. Et nous utilisons des couleurs vives, comme le rouge. » L’examen de l’arbre des causes, en cas d’accident, prend également en compte la cécité d’inattention, « ce qui nous permet désormais de creuser davantage l’origine de l’incident ». L’animateur QSE songe, à présent, à décliner sur les chantiers des systèmes de prévention sonores, « telles des alertes vigilance rappelant, à des moments clés, les règles de sécurité ».

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X