Régions Bourgogne

Le vignoble s’offre de nouveaux écrins

La construction, l’extension ou la rénovation de caves et de cuveries constituent une tendance lourde en Bourgogne. Ces opérations concentrent 40 % des aides accordées par l’établissement public FranceAgriMer aux projets de développement du vignoble régional. Celui-ci investit actuellement un total de 62 millions d’euros pour tenir son rang mondial.

A Mercurey, le Domaine Tupinier-Bautista vient de réceptionner sa nouvelle cuverie de 700 000 euros construite en briques monomur. La conception d’Yves Grandperret a mis en valeur la nouvelle salle de dégustation de 100 m2 . Rompant avec la dégustation souterraine sur tonneau, elle est logée dans une avancée cubique en parement de pierres ocre et est éclairée par de larges baies vitrées. La cave d’élevage a été creusée en dessous. « Une telle disposition insère bien le bâtiment dans le paysage », explique l’architecte.

L’évolution technologique de l’outil de vinification entraîne des changements dans la conception des bâtiments, qui privilégie désormais l’isolation de l’enveloppe à la climatisation pour la bonne régulation des températures. Ainsi, la nouvelle cuverie de 290 m2 du Château Corton C à Aloxe-Corton, ouverte pour les vendanges 2017 qui viennent de débuter, est constituée de panneaux sandwichs et d’une charpente en complexe lamellé-collé et isolant fabriquée par l’entreprise franc-comtoise Simonin.

Charpente dans le style Eiffel. Les deux plus importants chantiers en cours – et les plus ostentatoires – prennent place à Nuits-Saint-Georges. La Maison Jean-Claude Boisset investit environ 10 millions d’euros (équipements compris) dans un bâtiment de 2 300 m2 en prolongement de l’ancien couvent des Ursulines. Signé de l’architecte Frédéric Didier, il doit être achevé au printemps 2018. Les voûtes en béton préfabriqué, édifiées par l’alsacien Spurgin et le bourguignon TEGC (groupe Eiffage), s’élèvent au-dessus des trois anciennes caves qui sont consolidées pour supporter le poids de l’édifice.

De son côté, le Domaine Faiveley restructure jusqu’à la fin septembre les 5 000 m2 d’une bâtisse du XIXe siècle pour 4 millions d’euros (équipements compris). Le projet de l’architecte Gilles Gauvain repose sur la suppression des pignons ouest, à l’arrière de l’entrée principale. Rhabillée d’une galerie métallique et d’un jardin minéral, l’ancienne cour intérieure s’ouvre désormais sur le vignoble. La gigantesque nef de 55 m de long, destinée aux futures cuves de vinification, bénéficie d’une vue sur le paysage grâce à une baie vitrée en ogive. La démolition du plancher libère une hauteur de 11 m qui met en valeur la charpente métallique refaite dans le style Eiffel, ainsi que la verrière qui la surmonte.

La construction confiée en entreprise générale à Snep, filiale régionale de Léon Grosse, ne lésine pas sur les matériaux de qualité : pierres de Comblanchien (calcaire local) pour les encadrements des fenêtres et des portes, parements des façades en calcaire, cuivre pour les toitures de la galerie de la cour, sols en porphyre, parquets de chêne.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X