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Le Val Fourré a cinquante ans

Mots clés : Architecte - Architecture - Politique de la ville - Politique du logement

Le 3 août 1959, un arrêté du ministre de la Construction signe l’acte de naissance de la ZUP du Val Fourré à Mantes-la-Jolie. Le mouvement des naissances – le fameux baby-boom -, le développement des emplois industriels de cette partie du Val de Seine et la venue des rapatriés d’Algérie entraîne une forte demande de logements.

Dès 1953, la Ville de Mantes avait décidé de poursuivre son développement vers l’ouest, mais il faudra attendre le 8 septembre 1959 pour que soit créé le dispositif pour passer à l’acte : la Société d’équipement de la région de Mantes-la-Jolie (Serm), société d’économie mixte chargée d’étudier et de réaliser les infrastructures, les ensembles de logements, les équipements sociaux, commerciaux et de loisirs. L’architecte Raymond Lopez produit le plan d’urbanisme du Val Fourré et les programmes des équipements. Il connaît bien la ville et ses besoins, puisqu’il était associé à Raymond Gravereaux, architecte en chef, pour la reconstruction du centre-ville détruit par les bombardements de 1944. Pour le Val Fourré, il est assisté par l’architecte Henri Longepierre qui poursuit le projet après le décès de Raymond Lopez en 1966.

L’expérience des premiers grands ensembles

L’effort national pour le logement locatif s’est affirmé avec la loi-cadre du 7 août 1957 qui favorise « la construction de logements et d’équipements collectifs » et qui prévoit la construction de 300 000 logements par an. A la suite de l’expérience des premiers grands ensembles, où le logement précédait les équipements, comme à Sarcelles (1955-1975), l’administration n’autorise pas de grandes opérations en dehors de la procédure administrative des « zones à urbaniser en priorité » (ZUP) qui devient la règle en France, entre 1959 et 1967. La continuité de l’action de l’Etat entre la fin de la IV e République et le début de la V e République est remarquable, dans le choix d’ensembles organisés de logements collectifs, et dans la hantise de ne pas reproduire la banlieue médiocre de l’entre-deux-guerres, dévoreuse d’espaces et d’ambitions.
Avec ses tours et ses barres, le projet du Val Fourré est typique de la formule du moment, qui autorise et généralise par la construction bon marché un niveau de confort dans l’appartement bien supérieur à celui des années précédentes. Les équipements sont substantiels : une chaufferie, un centre commercial, une maison des jeunes, des équipements sportifs, des écoles. La population du quartier atteint 25 000 habitants dans les années 1970.
Le Val Fourré dispose à son origine de beaux atouts : un environnement exceptionnel avec à l’ouest la forêt de Rosny et au nord la rive gauche de la Seine, avec les plans d’eau de ses ballastières à équiper, des infrastructures importantes, une voie ferrée à proximité et une réserve foncière à l’ouest, disponible pour l’implantation du nouvel hôpital et, à venir, pour la ZAC Sully et pour l’écoquartier actuellement en projet. Le lycée et l’hôpital sont des équipements fréquentés par les habitants de toute l’agglomération, soit 100 000 habitants ce qui corrige le diagnostic de « quartier enclavé ».
Les premières années apportent satisfaction aux nouveaux habitants du Val Fourré, qui apprécient le confort des appartements et la commodité d’espaces publics généreux. Ensuite, débute la dérive de l’usage, sous le poids d’une mixité sociale défaillante, des blocages d’une gestion imprévoyante des espaces libres, des déboires en chaîne des commerces. En 1991, c’est la crise qui se poursuit par la faillite de plusieurs copropriétés. Pour éviter les effets de la pauvreté et du chômage débute, en 1992, une dédensification du quartier et l’inscription de celui-ci dans des programmes de politique de la ville.
En 1995, le projet « Mantes-en-Yvelines » aboutit à la démolition de 13 tours et de plusieurs barres, soit 2 000 logements. Commence alors l’application au Val Fourré de toute la panoplie des mesures dédiées aux sites en difficulté : réhabilitation de l’habitat, aide à la création d’emplois, zone franche, addition de nouveaux services publics. La création du nouveau centre hospitalier et la construction du pôle aquatique sont les opérations emblématiques de cette nouvelle phase.
L’histoire urbaine de Mantes cherche aujourd’hui un nouveau souffle dans le projet de Seine-Aval, piloté par l’Epamsa (Etablissement public d’aménagement du Mantois Seine Aval) qui lui apporte, depuis 2006, la dimension d’un plus vaste territoire. Un territoire qui se prolongera, dès 2012, à l’ouest par la construction d’un écoquartier innovant.

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