Enjeux

Le plan, c’est du flan

Avoir des ambitions, c’est bien. S’en donner les moyens, c’est encore mieux. Quand le gouvernement lance un « plan de massification de la rénovation énergétique » fin novembre, il a bien un plan derrière la tête : agglomérer une myriade d’enveloppes déjà budgétées. Résultat : il réunit 14 milliards d’euros. C’est du lourd. Ça en bouche un coin. Et l’objectif d’éradiquer 150 000 passoires énergétiques chaque année est louable, surtout lorsque les premiers flocons de neige tombent sur les foyers des plus pauvres. Mais bien malin celui qui trouvera la trace d’argent frais…

Une semaine plus tard, le ministère de la Cohésion des territoires récidive. Profitant d’un déplacement à Beauvais, Jacques Mézard esquisse les contours de son plan de revitalisation des villes moyennes. Cette fois, le gouvernement ne s’en cache même pas : l’opération n’aura pas de budget propre. Alors, il se sert dans d’autres poches que les siennes. Action Logement apportera 1,5 milliard d’euros, l’Agence nationale de l’habitat – qui bénéficie d’une rallonge dans le cadre du plan de massification de la rénovation énergétique – est priée de mettre au pot pour aider au recrutement de chefs de projet. Et la Caisse des dépôts sortira de son chapeau près de 2 milliards d’euros dédiés aux villes moyennes… Une enveloppe qui existe depuis deux ans déjà, mais qui n’a visiblement pas trouvé son public puisqu’elle n’a pas été consommée. La Cohésion des territoires restera donc une belle ambition. Et le plan de massification risque de sonner creux.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X