Enjeux Tertiaire

Le Plan bâtiment durable publie une charte plus ambitieuse

Mots clés : Démarche environnementale

Lorsque l’on tombe de cheval, la meilleure chose à faire est de se remettre vite en selle. Trois mois après la suspension par le Conseil d’Etat du décret tertiaire – qui organise la rénovation énergétique de ce parc -, le Plan bâtiment durable lance une nouvelle charte tertiaire. Fort de 123 signataires, dont 14 nouveaux venus (parmi lesquels Nexity et des universités), le document mobilise à nouveau les propriétaires et les utilisateurs de bâtiments publics et privés sur les économies d’énergie et, chose nouvelle, sur la neutralité carbone et le recours aux énergies renouvelables.

Autre nouveauté : l’Institut français pour la performance du bâtiment (IFPEB) et l’Observatoire de l’immobilier durable (OID) animeront le secrétariat technique de la charte. « Ces deux entités assureront un retour d’expérience régulier et proposeront des focus sur des points techniques précis, définis au préalable avec les acteurs de la charte », précise Anne-Lise Deloron, directrice adjointe du Plan bâtiment durable. Tous ceux qui avaient signé la première charte sont de facto signataires de cette nouvelle version. « Mais certains ont souhaité parapher à nouveau pour remobiliser les équipes ou leur direction générale afin de redéfinir leurs objectifs en la matière », poursuit-elle.

Le commerce et l’hôtellerie signataires. Certains professionnels, à l’instar de l’association Luciole, qui regroupe des entreprises de l’énergie, ont profité de la publication du document pour réclamer un nouveau décret tertiaire. « Il n’est pas concevable qu’un secteur aussi crucial soit le grand oublié de la politique énergétique, déplore Vincent Bryant, président de la start-up Deepki et membre de Luciole. Nous saluons les 9 milliards d’euros débloqués par le plan d’investissement du gouvernement pour les logements et les bâtiments publics. Mais les sept années d’errance du décret tertiaire [qui devait être publié après la loi Grenelle 2 de 2010, NDLR] et le silence actuel des pouvoirs publics à son sujet envoient un mauvais signal. » De son côté, Sylvain Lagarde, directeur associé de la société de services Eqinov, milite pour la publication d’un nouveau texte réglementaire, qui pose « une feuille de route s’échelonnant jusqu’en 2030, et qui inscrive des lignes directrices pour l’horizon 2050 ».

Le bâtiment fait du lobbying pour que le gouvernement publie un nouveau décret, et cela n’a pas échappé aux représentants du commerce et de l’hôtellerie. Ces derniers, qui avaient déposé le recours en suspension contre le décret tertiaire avant l’été, sont à nouveaux signataires de la charte. « Cette démarche s’inscrit dans une volonté de renouer le dialogue », assure Anne-Lise Deloron. Et si, à l’avenir, le Plan bâtiment durable devait recourir à une concertation en vue de préparer la rédaction d’un nouveau texte réglementaire, « nous nous montrerons plus vigilants dans la validation des résultats, promet Anne-Lise Deloron. A l’époque, nous n’avions pas senti dans les discussions des points de crispation, nous avions cru comprendre que le silence des acteurs valait accord. »

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