Enjeux Entretien avec Benoît De Ruffray, président-directeur général du groupe Eiffage.

« Le modèle d’Eiffage permet de gérer des projets exceptionnels »

Mots clés : Entreprise du BTP - Politique des transports

Grand Paris Express, rôle d’aménageur, résultats… Le P-DG de la major s’exprime pour la première fois.

Avec 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, en hausse de 6,9 %, Eiffage a enregistré de meilleurs résultats qu’attendus. La crise du BTP est-elle terminée ?

L’année 2017 a clairement été celle du retour à la croissance.

Nous avons connu un point d’inflexion, toutes nos branches sont en croissance organique. Ainsi, après de nombreuses années de crise, le marché français se porte mieux et la confiance est de retour. Les pays d’Europe dans lesquels nous sommes implantés connaissent aussi un regain d’activité.

La croissance est-elle homogène sur l’ensemble du territoire français ?

La dynamique francilienne était longtemps opposée à celle du reste de la France. C’est désormais moins le cas, car les grandes métropoles sont également des moteurs de croissance. Elles se développent avec, à la clé, des projets d’aménagement du territoire et de l’investissement de long terme. Cependant, les territoires ruraux n’en bénéficient pas encore véritablement.

L’année 2018 a débuté avec l’attribution du mégalot 16-1 du Grand Paris Express (GPE) à Eiffage, en groupement avec TSO et Razel-Bec. Qu’est-ce qui a fait la différence face à vos concurrents, Vinci et Bouygues, qui s’étaient alliés pour répondre à cet appel d’offres ?

Nous avions ciblé ce lot dès le départ. Nous étions sans doute moins chers que nos concurrents, mais je n’ai pas ces éléments de comparaison. Nous avons présenté une prestation technique pleinement en phase avec ce qu’attendaient le maître d’ouvrage public et sa maîtrise d’œuvre. Nous sommes restés, comme ils le suggéraient, sur des tunneliers à pression de terre car nous sommes convaincus qu’ils sont adaptés.

N’est-il pas risqué de porter seul 1,7 milliard d’euros sur le total de 1,84 milliard de ce lot 16-1 ?

Nous avons pris le parti d’avoir le plein leadership . Nous avons l’habitude d’être organisés en mode agile avec des circuits de décision courts et réactifs. C’est ce leadership et ce mode d’organisation compacte qui nous permettent de gérer les risques inhérents à ces projets exceptionnels.

Le défi, humain comme technique, est hors du commun et nous devons être capables de faire les bons choix rapidement. Etant donné l’ensemble des chantiers déjà remportés et lancés, tels que le projet Eole, la ligne 14 ou encore le lot T2B de la ligne 15, il était préférable pour Eiffage de concentrer ses ressources encore mobilisables sur un très gros chantier plutôt que sur plusieurs autres.

Serez-vous candidat à d’autres lots ?

Tout dépend du moment où ils seront lancés. En ce sens, l’étalement du calendrier décidé par le gouvernement est une bonne nouvelle. A chaque futur appel d’offres, nous regarderons nos forces en présence et déciderons au cas par cas.

Les délais pour le lot 16-1 sont-ils tenables ?

Le planning est serré mais il est réaliste. Le plus important est de faire les bons choix techniques, de les arbitrer rapidement et de construire un dialogue fluide et réactif sur toute la chaîne. Car, malgré tout, nous ne réaliserons pas ce chantier seul. Eiffage a rejoint l’équipe déjà constituée autour de la Société du Grand Paris. C’est tous ensemble que nous relèverons le défi de la réalisation de cette ligne indispensable au bon déroulement des Jeux olympiques de 2024. Nous mettrons naturellement tout en œuvre pour tenir les délais et gérer les aléas dans...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5970 du 06/04/2018
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