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Le Louvre Lens dévoile ses galeries

Au sein d’un futur parc de vingt hectares à Lens (Pas- de-Calais), le gros œuvre du musée du Louvre s’achève. Les architectes japonais de Sanaa vont suivre de près le travail des 500 compagnons du second œuvre.

Le Louvre à Lens ne joue pas dans la catégorie des chantiers spectaculaires. C’est même l’inverse qui caractérise à la fois la méthode du conseil régional, qui finance et dirige les travaux, et le style des architectes Ryue Nishizawa et Kazuyo Sejima de l’agence Sanaa. Ce musée est l’anti-Guggenheim de Bilbao, même si l’effet recherché sur le développement économique est le même. Discrets, insérés dans un grand parc de vingt hectares, les cinq bâtiments qui composent l’ouvrage ne dépasseront pas six mètres de haut et seront habillés de verre pour deux d’entre eux, et d’un bardage en aluminium poli pour les autres afin de réfléchir le paysage conçu par Catherine Mosbach.

Les 28 000 m² Shon (dont deux niveaux de sous-sols) sont mis hors d’eau par Eiffage, en charge du gros œuvre. Les lots les plus délicats arrivent cet été. Car le Louvre est exigeant pour l’accueil de ses œuvres. « Ce musée ne sera pas la réserve des collections parisiennes », a affirmé Henri Loyrette, P-DG du Louvre. Le contrôle de l’hygrométrie est capital pour accueillir des œuvres majeures. Le message est bien passé auprès des entreprises Crystal et Delanoy Dewailly, les deux spécialistes du génie climatique sur le chantier. Une exigence renforcée par la recherche d’une certification HQE. Le chantier est en effet un site pilote pour lancer une certification NF « démarche HQE musée » par Certivéa. Premier objectif : pas un mètre cube de terre ne sort du site. Les 130 000 m 3 de schistes et de limons remués par Guintoli en phase de terrassement sont restés sur les vingt hectares. Le limon a servi d’ailleurs une innovation paysagère : Catherine Mosbach tente de remplacer la traditionnelle clôture du parc par un remblai de 1 800 mètres de long sur 2,20 mètres de haut, reconstituant à l’identique les strates géologiques découvertes sous le remblai schisteux. Les essais sont concluants d’un point de vue esthétique, mais la barrière n’assure pas suffisamment la sécurité du site. Il faudra la doubler.

Verre et aluminium poli

Les cinq bâtiments sont disposés en enfilade au centre de la parcelle. La sobriété des formes et la douceur des proportions les rendent très accessibles. Les architectes ont redoublé d’humilité face au site : un ancien carreau de fosse, inséré dans un tissu urbain de cités minières. Au centre de la composition, un hall d’accueil de 4 000 m², totalement en verre, distribue, de part et d’autre, deux longs bâtiments d’exposition, des parallélépipèdes de béton bardés de panneaux en aluminium poli qui reflètent une image floutée du parc : à l’ouest se tiendront les expositions temporaires dans 1 700 m², à l’est la « Galerie du temps » occupera 2 900 m². Ces deux bâtiments bénéficieront également de la lumière naturelle grâce à une toiture de verre, des ventelles permettant de réguler l’intensité lumineuse. Un auditorium et un pavillon de verre parachèveront le complexe muséographique, qui sera ouvert au public fin 2012.

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Coût

150 millions d’euros
hors taxes financés par le conseil régional Nord-Pas-de-Calais.

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Livraison

Décembre 2012
pour le public. Démarrage en mars de la muséographie et des tests d’hygrométrie.

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Chiffres clés

700 000 visiteurs
attendus la première année.
6 mètres de haut
maximum pour les panneaux de verre à haute performance.
141 mm de diamètre
pour les poteaux de soutien de la toiture du hall d’accueil.

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Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : conseil régional Nord-Pas-de-Calais avec Adevia (AMO). Maîtrise d’œuvre : Sanaa (mandataire) avec Celia Imrey et Tim Culbert (muséographes), Catherine Mosbach (paysagiste). Extra Muros et Belin (architectes d’opération). Bureaux d’études : Betom, Hubert Pénicaud, Michel Forgue, Avel Acoustique, Casso, Transplan, Bollinger Grohmann, Arup Lighting et Saps/Sasaki and Partners. Entreprises : Permasteelisa (enveloppe, charpente et façade de verre), Eiffage (gros œuvre et synthèse), Guintoli (terrassement), Grepi (chapes), Sterec (couverture), SDI (cloisons), Sapiso (faux plafonds), Cabre (peinture), CRI (revêtements), Bonnardel (menuiseries), Loison (métallerie), Thyssenkrupp (ascenseurs), Crystal et Delannoy Dewailly (CVC et fluides), Satelec (courants forts et faibles), Eiffage TP avec Euro-Vert et Sirev (paysage).

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