Actualité démolition

Le long démantèlement d’une centrale thermique

Le dynamitage, le 14 mai dernier, de la structure de l’ancienne centrale thermique d’EDF à Strasbourg est l’aboutissement d’un long chantier, qui a forcé le démolisseur Cardem (groupe Vinci) à innover. Depuis son arrêt en 1986, seul le bloc usine, constitué d’une charpente métallique bardée, avait survécu. En 2009 a commencé un long désamiantage. Le bloc d’un volume de 225 000 m³ a été confiné. Sur une trame de câbles tendus sur toutes les façades, un film en polyane thermorétractable de 320 microns (anti-UV et antifeu) a été tendu. Des sas d’accès ont été aménagés, puis le bloc usine a été mis en dépression, une batterie d’extracteurs d’air assurant un mouvement de 1,35 million de m³/h. Ce confinement sévère pour procéder au désamiantage a conduit Cardem à mener une réflexion sur les conditions de travail par forte chaleur. Une douzaine de thermomètres et des sondes de mesure d’hygrométrie ont été placés dans le bâtiment. Pour abaisser la chaleur en été, un système de brumisation a été installé sur des rampes situées à 30 m de hauteur. Cardem a pu à l’occasion vérifier que la brumisation avait bel et bien un effet sur la température ambiante. Autre innovation : la conception d’une veste de protection contre les projections de métal en fusion, intégrant dans ses coutures un harnais de sécurité. Cet équipement était destiné aux chalumistes appelés à intervenir en hauteur pour découper les poutres et dont les sangles des harnais risquaient d’être sectionnées par des projections de métal. Ne trouvant pas sur le marché le produit qu’il recherchait, Cardem s’est fait faire des prototypes. Enfin est venu l’abattage proprement dit. Cardem a utilisé des charges coupantes Dynawell pour sectionner les montants en acier, prédécoupés au chalumeau, et un explosif classique muni de détonateurs électroniques Ikon, programmés de 1 à 248 millisecondes pour faire sauter les fondations en béton préalablement mises à l’air. Une partie de la structure avait été retirée pour orienter le basculement du bâtiment. La dernière étape va maintenant commencer : les quelque 6 000 t de ferrailles seront découpées avec une pince Labounty 7500 R montée sur un porteur Liebherr 974.

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