Architecture

Le logement remonte dans les tours

Mots clés : Architecture - Bâtiment d’habitation individuel

Longtemps aussi mal aimés que la très grande hauteur, les immeubles d’habitation de 50 mètres font leur réapparition. Le modèle mise désormais sur la politesse urbaine et l’architecture du bien-vivre.

La hauteur n’est plus hors d’atteinte. Les tours font aujourd’hui leur retour, et il ne s’agit pas uniquement de gratte-ciel emblématiques comme, à Paris, le tribunal construit par Renzo Piano Building Workshop qui ouvrira en avril dans le quartier des Batignolles (XVIIe), ou les futures tours Duo de Jean Nouvel en construction dans le XIIIe arrondissement. Autour de ces édifices culminant à 160 ou 180 m émergent aussi des immeubles qui perchent des logements jusqu’à 50 m au-dessus du sol. Certains rechignent toutefois à qualifier ces derniers de « tours ». Ils préfèrent prudemment parler d’« émergences » tandis que l’architecte nantais Philippe Barré favorise l’appellation d’immeubles « de belle hauteur ». En effet, avec un dernier plancher à 50 m (lire encadré ci-dessous) , ces bâtiments ne font guère que chatouiller le ciel. « Ce mot de tour fait surtout peur à tout le monde », fait remarquer un observateur.

En France, depuis longtemps, le terme renvoie aussi bien à la très grande hauteur de Montparnasse, presque unanimement détestée, qu’aux grands ensembles et aménagements assimilés des années 1960 et 1970. Dans les quartiers d’habitat social, la tour, c’est l’éternelle comparse de la barre, deux modèles de monolithes bâtis rapidement et copiés-collés à l’infini. Pourtant, ces dernières années, des villes ont décidé de hausser le toit. Paris, qui était condamnée à limiter ses constructions à 37 m depuis quatre décennies, a révisé son plan local d’urbanisme (PLU) à plusieurs reprises depuis 2010 pour permettre de crever ce plafond, sur quelques périmètres bien définis.

La tour et la barre, deux modèles autrefois copiés – collés à l’infini.

Pas de surdensité du bâti. Dresser des immeubles de logement de 50 m a été autorisé dans la zone d’aménagement Paris Rive Gauche (XIIIe), où la résidence Home a été, en 2015, la première de ces opérations de nouvelle génération dans la capitale ( lire « Le Moniteur » du 17 avril 2015 ) ; dans le secteur de Chapelle International (XVIIIe) qui sort actuellement de terre ; et à Clichy-Batignolles, où la plupart...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5964 du 23/02/2018
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