Architecture Tertiaire

Le futur en conteneurs

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier

A Nanterre, le Cesi a inauguré cet été un bâtiment démonstrateur. Sa structure et son éclairage en font un prototype remarquable.

Midi sonne à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. Sur le campus du Centre des études supérieures industrielles (Cesi), une foule se répand dans la cour jusqu’au pied d’un immeuble neuf, aux allures de banal préfabriqué. Inauguré le 27 juin dernier, cet édifice de 220 m2 répartis sur deux niveaux abrite trois salles d’enseignement, un laboratoire d’électronique, ainsi que trois bureaux. Ces usages sont cependant quelque peu éclipsés par les caractéristiques mêmes de la construction. Le Cesi la qualifie de « démonstrateur bâtiment du futur », car cette opération intègre plusieurs technologies expérimentales.

Derrière son apparence anodine, la structure regorge de trouvailles. Elle se compose de 16 conteneurs maritimes recyclés et convertis par l’entreprise Capsa. Contrairement aux réalisations passées, les caisses du second niveau sont posées sur celles du premier, sans le soutien de poutrelles en i à ailes inclinées (IPN). Des verrous tournants fixent les différents éléments entre eux. Quatre demandes de brevet sont en cours sur le procédé. Toutefois, cette nouvelle méthode a laissé le monde de la construction dubitatif. « Les architectes et bureaux de contrôle ont été difficiles à convaincre », reconnaît David Failly, directeur de la région Ile-de-France-Centre du Cesi. C’est finalement le bureau de contrôle Cadet qui a validé l’ouvrage. « Nous comptons poursuivre cette démarche avec l’étude de structures à trois ou quatre niveaux sans IPN, ajoute le directeur. Les conteneurs peuvent répondre aux enjeux de la conception de masse. »

Des luminaires hyper-communicants. Autres contraintes : le terrain est situé dans une zone inondable et son sol est pollué. Le bâtiment repose donc sur des platines métalliques. Ces pieds le surélèvent au-dessus du niveau des crues de la Seine. Ils sont maintenus par des tiges qui s’enfoncent à seulement 20 cm sous la terre, ce qui a permis de limiter les volumes d’excavation. Le projet a ainsi évité une lourde opération de dépollution. L’ensemble du chantier a duré quatre mois, de décembre 2016 à mars 2017.

Le démonstrateur de Nanterre se distingue également par son éclairage. Grâce à un partenariat avec Cisco, Philips Lighting et Axians (Vinci Energies), l’immeuble est doté de luminaires à leds de type Power over Ethernet (PoE) fournis par Philips. Ces produits, alimentés par le réseau informatique, ne nécessitent pas de câblage électrique. Ils incluent aussi un détecteur de présence et une cellule photométrique. La gestion des points lumineux par un système de supervision informatique s’effectue ainsi directement en IPv6, sans protocoles intermédiaires.

Les signaux des instruments de mesure intégrés transitent par le même canal. Ces informations s’ajoutent aux données provenant d’une station météo, de capteurs d’hygrométrie et de sondes de température. « Elles sont agrégées pour former un jumeau numérique du site. Tous les équipements sont ainsi contrôlables à distance, explique Christophe Bourgognon, directeur du département recherche & innovation du Cesi. Dans le cadre de notre chaire “Industries et services de demain” avec Cisco et Vinci Energies, nous allons tester sur cette installation des modèles informatiques afin que le bâtiment s’adapte seul aux comportements des occupants. »

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