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Le Corbusier un apprenti en images

Mots clés : Analyse de l'architecture - Apprentissage - Architecte - Architecture - Manifestations culturelles

Un objet éditorial d’un genre improbable, relevant à la fois de la savante monographie d’histoire de l’art et de la bande dessinée à clés, complète depuis peu la bibliothèque corbuséenne. Conçu et dessiné à la fin des années 1980 et paru, en allemand et en feuilleton, dans la revue suisse Hochparterre, elle est l’œuvre d’un certain Sambal Oelek.

Les gastronomes amateurs de sensations fortes auront reconnu, derrière ce pseudonyme, le nom d’une pâte de piment frais couramment utilisée dans les cuisines orientales. Ledit pseudonyme cache aussi un certain Andreas Müller, architecte né en 1945 diplômé de l’école polytechnique de Zurich, rapidement converti à l’écriture d’essais et de bandes dessinées.

Sa formation initiale explique sans doute la réalisation de L’enfance d’un architecte – Le Corbusier, album illustré qui se targue de narrer, en vingt doubles pages foisonnantes d’illustrations, de bulles, de textes et de notes étroitement intriquées, « les premiers 38 % de la vie de Le Corbusier », soit de ses premiers vagissements en 1887 à son départ pour Paris en 1917 (l’architecte est mort en 1965).

Disons-le d’emblée, cette curieuse entreprise est une réussite tant scientifique que comique, même si l’ambition affichée est excessive : ces fameux 38 % correspondent bien, pour l’état civil, à la période du futur Le Corbusier qui est retracée ici. En revanche, durant ces 38 %, Le Corbusier n’était pas l’artiste que l’on sait mais un jeune homme timide, talentueux et ambitieux, du nom de Charles-Edouard Jeanneret, qui n’avait quitté sa petite ville industrieuse natale de La Chaux-de-Fonds que pour quelques voyages plus ou moins longs, avant de s’installer pour de bon à Paris en 1917. Cela n’enlève rien à l’intérêt qu’il y a à travailler sur cette période – dont atteste le nombre croissant de chercheurs s’y attelant, avec notamment l’édition des lettres de jeunesse de Jeanneret, menée par Marie-Jeanne Dumont, qui préface l’édition française de l’album. Mais ces 38 % restent propédeutiques.

L’érudition au service de l’humour

Précisons...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 183 du 01/11/2008
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