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Le cimentier irlandais CRH débarque sur le marché français

C’est le plus gros industriel d’Irlande. Il s’appelle CRH – pour Cement Roadstone Holdings – et le BTP hexagonal ferait bien de s’y intéresser car il devrait bientôt devenir le troisième cimentier de France. Le groupe basé à Dublin a été officiellement choisi, le 2 février, par le Français Lafarge et le Suisse Holcim pour reprendre un ensemble d’actifs correspondant à une valeur d’entreprise de 6,5 milliards d’euros. Des cessions rendues obligatoires par la Commission européenne en vue de la fusion prochaine des deux leaders mondiaux. En France, on connaît peu ce cimentier né dans les années 1970 du rapprochement de deux entreprises irlandaises, devenu un poids lourd mondial des matériaux de construction avec 18 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2013. Aujourd’hui, sa présence dans l’Hexagone se résume à la distribution via deux enseignes intégrées (Raboni et Busca) et il n’a pas d’implantation industrielle. C’est donc avec fracas que CRH devrait débarquer, au début de l’été 2015, une fois la fusion Lafarge-Holcim actée. Dans les faits, il va s’emparer de la quasi-totalité des actifs d’Holcim en France et de sa part de marché de près de 15 % dans le ciment.

Une centaine de sites d’Holcim France cédés

Si Lafarge ne se sépare que de son centre de broyage de Saint-Nazaire, Holcim est contraint de démanteler sa filiale française et cédera notamment à CRH les trois cimenteries de Lumbres, Héming et Rochefort-sur-Nenon (celle d’Altkirch reste dans le giron du Suisse), ses quatre centres de broyage (Grand-Couronne, Dannes, Dunkerque et La Rochelle), la station de mélange de Montoir-de-Bretagne, ainsi que 170 centrales à bétons et sites de granulats (Holcim en conserve onze dans le Haut-Rhin). « Le groupe a déjà fermé beaucoup d’usines en France. Notre inquiétude réside dans les synergies que CRH va sans doute chercher à faire entre toutes ses activités européennes, avec la possibilité qu’il cède ou ferme des sites », confie Pascal Bleuse, délégué syndical central CGT chez Holcim France.
Poussé à racheter en bloc les actifs de Lafarge et Holcim, CRH sera-t-il tenté de démanteler son nouvel empire industriel pour ne pas risquer un trop fort endettement ? Aux analystes financiers, il a présenté un plan ambitieux : passer de la 5e à la 3e place mondiale dans les matériaux de construction, derrière le futur géant Lafarge-Holcim et Saint-Gobain, visant un chiffre d’affaires annuel de 24 milliards d’euros. Sur le papier, la France fait encore bel et bien partie de sa stratégie.

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