Régions Axe Rhin-Rhône

« Le chantier LGV, une référence sociale »

Pourquoi la clause d’insertion sociale inscrite dans les marchés passés par Réseau ferré de France (RFF) fait-elle du chantier de la ligne à grande vitesse (LGV) Rhin-Rhône une référence ?

La clause sociale oblige les entreprises titulaires des marchés à réserver une part des emplois dédiés au chantier à des personnes en difficulté d’insertion sociale ou professionnelle, et les engage à professionnaliser les nouveaux recrutés. C’est la perle trouvée par le laboratoire Théma. Cette unité de recherche en géographie de l’université de Franche-Comté avait déjà analysé les retombées économiques et sociales de l’A39 et de l’A77. Prévue à hauteur de 7 % des heures travaillées en génie civil et de 5 % pour les équipements ferroviaires, la clause d’insertion a concerné respectivement 12 et 14 % du temps d’exécution de ces marchés. Sur les aménagements paysagers, elle devrait dépasser de 2 % les objectifs initiaux fixés à 10 %. Les entreprises ont fourni le matériel nécessaire – câbles, panneaux de voies ferrées – aux centres de formation Afpa pour travailler sur du réel. 989 demandeurs d’emplois, étudiants et jeunes en fin de scolarité en ont bénéficié, aux trois quarts des résidents du Doubs et de la Haute-Saône. Mises en place par la cellule emploi très en amont de la période de recrutement, des formations en totale adéquation avec les besoins du chantier ont débouché sur des postes qualifiés.

En quoi la charte sécurité du génie civil affiche-t-elle un bilan positif ?

Signée avec l’ensemble des partenaires en 2007, la charte sécurité n’a pas connu de faille. Ce code de bonne conduite prescrivait notamment que tous les travaux soient réalisés avec des protections collectives et – grande première – que les engins soient équipés de caméras de recul. Ce niveau d’exigence a surpris au départ, mais tous les partenaires ont joué le jeu. Avec bonheur, puisqu’aucun accident mortel n’est à déplorer sur 12,5 millions d’heures. Les majors ont complété les aides financières de la caisse d’assurance maladie de Bourgogne – Franche-Comté, pour doter les sous- traitants locaux de caméras de recul.

Les entreprises locales de travaux publics ont-elles réellement profité de ce chantier ?

On estime à 15 % du coût total du chantier, de 2,312 milliards d’euros, les revenus directs des entreprises locales de travaux publics, de Bourgogne jusqu’au Haut-Rhin. Les entrepreneurs disent aussi avoir bénéficié d’un transfert de savoir exceptionnel. S’ils ont su, comme cela semble avoir été le cas, anticiper et gérer l’après-LGV en ne réalisant pas d’investissements inconsidérés, ce chantier aura été tout bénéfice pour eux.

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