Enjeux

Le BTP en quête de jeunes ingénieurs

Mots clés : Entreprise du BTP

Un colloque organisé par l’ESITC de Caen a confronté les besoins des entreprises aux réponses des écoles.

« L’emploi des jeunes ingénieurs dans le BTP. » Tel était le thème du colloque organisé le 13 octobre par l’Ecole supérieure d’ingénieurs des travaux de la construction (ESITC) de Caen (Calvados). Le but : inviter les entreprises à exprimer leurs besoins en termes de recrutement, dans un contexte de forte reprise de l’activité.

Premier constat : la crise traversée par le BTP a largement épargné les fonctions d’encadrement. « Le secteur du bâtiment a perdu 160 000 salariés sur la période 2008-2016. Mais le volume des cadres s’est stabilisé, et celui du groupe formé des cadres et artisans non salariés a progressé de 14 % », souligne Jacques Blanchet, le président de la commission enseignement supérieur à la FFB. Les entreprises ont continué d’embaucher des ingénieurs qualifiés, aptes à travailler sur des opérations complexes et à aborder les mutations technologiques liées aux évolutions numériques (le BIM) et environnementales. L’émergence de projets pharaoniques, tel le chantier du Grand Paris, a accéléré le phénomène.

Accueillir plus d’étudiants. « Cette année, nous avons recruté 384 cadres ingénieurs au sein de la branche infrastructures d’Eiffage, et nous prévoyons 450 embauches supplémentaires en 2018 », annonce Xavier Mony, le directeur général adjoint d’Eiffage Génie civil. « Le nombre de candidats est faible », remarque pour sa part Xavier Debreux, DRH de Vinci Construction International.

Pour son développement hors des frontières, le groupe emploie 1 300 personnes, à 90 % des ingénieurs. « Le marché du recrutement se tend sur différents secteurs : conduite de travaux, ingénierie, méthodes, études de prix », constate Guillaume Beghin, DRH du Groupe Legendre. Si les majors tirent encore leur épingle du jeu, les ETI et PME doivent souvent aller chercher les candidats à la source. Dans les grandes écoles.

Ces dernières, et notamment les écoles d’ingénieurs, doivent plus que jamais « anticiper et ajuster leurs contenus académiques à un nouveau monde où le numérique change la donne pour les industriels », estime Jérôme Lebrun, directeur de l’ESITC Caen. La réponse est d’abord quantitative. L’école normande a ainsi doublé ses capacités d’accueil pour répondre aux impératifs de recrutement du secteur, et le mouvement se poursuit : l’établissement accueille aujourd’hui 520 élèves, et en prévoit 750 à horizon 2021.

De nouveaux masters. La réponse doit être aussi qualitative, pour prendre en compte les évolutions technologiques des métiers de la construction et les besoins immédiats des entreprises. L’école proposait déjà deux masters spécialisés (bac + 6) : « Expert en éco- matériaux et conception BIM » et « Expert en ouvrages maritimes et portuaires ». Elle a officialisé, ce 13 octobre, la création de deux nouvelles chaires, en lien direct avec les attentes des entreprises : « Etudes de prix », issue d’un partenariat avec le Groupe Legendre, et « Aménagement, pose et réhabilitation des réseaux », qui s’appuie sur l’expertise des Canalisateurs (le syndicat professionnel regroupant 330 entreprises spécialisées dans la pose et la réhabilitation de réseaux).

Aujourd’hui, les professionnels interviennent dans le contenu de la formation.

Les professionnels interviennent dans le contenu de la formation, le suivi de projets et l’accueil d’étudiants. L’occasion de « nouer des relations privilégiées avec de futurs ingénieurs, se réjouit Guillaume Beghin (groupe Legendre). Alors que nous avons de plus en plus de marchés en conception-réalisation, nous avons plus que jamais besoin d’intelligence technico-commerciale ! »

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