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LAURENT FABIUS PRÉSIDENT DE LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE ROUEN « La Seine comme épine dorsale »

Mots clés : Collectivités locales - Culte - Services urbains - Situation économique - Transport collectif urbain - Transports

Pour Laurent Fabius, l’agglomération de Rouen doit adopter un mode de développement conciliant la présence d’industries et d’un patrimoine bâti et naturel remarquable. La revalorisation des bords de Seine est un axe majeur de cette stratégie, ainsi que l’amélioration des transports en commun.

Quel est l’impact de la crise économique sur la communauté d’agglomération ?

Personne n’est épargné et les entreprises souffrent. Concernant notre collectivité, l’impact n’est pour le moment pas trop lourd. Pour deux raisons : je suis partisan d’une gestion rigoureuse et nous n’avions pas contracté de crédits toxiques. Comparés à beaucoup d’autres, nous sommes plutôt bien placés. Notre endettement se limite à cinq ans. Il devrait s’établir à neuf ou dix ans à la fin du contrat d’agglomération (NDLR : signé en octobre 2008 pour 551 millions d’euros). Il faudra donc rester prudents et attentifs.

Vous souhaitiez créer une communauté urbaine, qui finalement sera la plus grande communauté d’agglomération française. Etes-vous déçu ?

Les restrictions que je viens d’évoquer font que l’écart entre les dotations n’est plus significatif.

Pour ses habitants, la Crea sera un plus en matière de développement économique, de déplacements, de logement, de qualité de l’eau, de traitement et collecte des déchets, d’accès à la culture. Cette structure sera ouverte et pourra s’élargir, comme elle l’a toujours fait, sur la base du volontariat.

Nous partons avec 71 communes en espérant que, comme disait l’humoriste, la boule de neige fasse tache d’huile.

Quelles seront ses priorités ?

Les mêmes que celles qui étaient affichées par les quatre communautés qui la composeront. Mais avec une dimension plus ambitieuse et avec la Seine comme épine dorsale.

Vous utilisez souvent le terme d’écocommunauté. Que contient pour vous cette expression ?

Il existe un vrai paradoxe. Nous disposons à la fois d’un patrimoine magnifique (Rouen, la Seine, les abbayes.) et de nombreuses industries polluantes. Il faut convertir ce handicap en atout et tendre vers une harmonie entre l’écologie, l’économie, le social et le culturel. Nous allons, par exemple, constituer un groupe de travail avec le port, les administrations, les entreprises afin que, dans chaque projet, soient intégrées les problématiques énergétiques.

Quelle est votre vision de l’agglomération à vingt ans ?

Je la vois avec des transports améliorés dans toutes ses composantes, davantage de services, une attractivité plus grande, via une mise en valeur de la Seine et des grands événements comme Normandie Impressionnisme, un développement culturel, outil du développement économique et une solidarité renforcée, en matière de logement notamment. L’un des points capitaux, c’est que la ville ne tournera plus le dos au fleuve.

Quelles sont les évolutions à venir concernant les transports en commun ?

Pour l’existant, nous essayons de réduire certains points noirs sur les lignes nord-sud, afin d’en améliorer la vitesse commerciale. En 2012, nous allons réceptionner de nouvelles rames de métro d’une capacité plus grande. Nous étudions actuellement la création d’une nouvelle ligne de TCSP (transport en commun en site propre) qui relierait la zone d’activités de la Ronce, au nord, au Zénith, au sud, en passant par l’écoquartier Flaubert et avec des parkings relais.

N’oublions pas que la Crea comprendra pour moitié des communes de moins de 4 500 habitants. Nous mettrons donc en place d’ici à un an un système de transport à la demande en zone rurale. A terme, la nouvelle gare changera la donne et facilitera l’émergence du projet de tram-train entre le nord-ouest de l’agglomération et Elbeuf. Je n’oublie pas les modes doux avec le plan agglo-vélo. Je rappelle enfin que les transports comptent pour un quart dans le contrat d’agglo.

La naissance de la Crea sera-t-elle l’occasion de bâtir un hôtel d’agglomération ?

Ce ne sera pas l’une des premières décisions que je prendrai et ce n’est pas une priorité.

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ENCADRE

La crea en CHIFFRES

Nombre de communes : 71

Population

493 000 habitants.

40 000 étudiants.

Superficie

38 832 hectares, dont :

9 627 en zones urbanisées,

7 524de zones artisanales, et industrielles.

Entreprises

20 816 établissements.

193 331 emplois.

ENCADRE

Parcours

1977-1995 et 2000-2009 : adjoint au maire du Grand-Quevilly.

1978-2009 : député de la 4e circonscription de Seine-Maritime.

1981-1986 et 2000-2002 : fonctions ministérielles (Economie, Industrie, Budget).

1984-1986 : Premier ministre.

1988-1992 et 1997-2000 : président de l’Assemblée nationale.

1989-2000 et depuis avril 2008 : président de l’agglomération de Rouen.

1995-2000 : maire du Grand-Quevilly.

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