Régions angers

La ville se reconstruit autour du tramway

La première ligne du tramway d’Angers sera inaugurée, le 25 juin, après deux ans et demi de travaux et 300 millions d’euros d’investissements. Ce « catalyseur de projets » change la dimension de l’agglomération.

«Le tramway est autant un moyen de déplacement qu’un projet urbain », assure Jacques Landreau, responsable de la mission tramway à Angers Loire Métropole. Il a d’emblée été considéré comme un outil de développement global de la ville, intégrant les quartiers d’habitat social de la Roseraie, au sud, et les nouveaux espaces à urbaniser, au nord sur les Hauts de Saint-Aubin. » Luc Davy, le maître d’œuvre du projet, ajoute que le tramway « crée un trait d’union » de 12,5 kilomètres entre quartiers anciens et nouveaux, et « relie la ville à ses points de centralité contribuant à unifier l’aménagement du territoire ».

Opération de renouvellement urbain

Ainsi, l’opération de renouvellement urbain de la ZUP de la Roseraie a été réalisée simultanément aux travaux du tramway et sera achevée en même temps. « Le quartier s’est reconstruit autour du tramway qui a amélioré sa notoriété », précise Jacques Landreau. Au nord aussi, le plateau de la Mayenne et celui des Capucins se développent au fur et à mesure de l’avancée de la plate-forme. « Chaque projet s’appuie sur l’autre, explique l’architecte, l’urbanisation des Hauts de Saint-Aubin qui répond au besoin de logements d’Angers a justifié le tramway. Et ce dernier a, de son côté, permis d’attirer les promoteurs. »
De fait, des opérateurs – notamment nationaux – lancent pour la première fois, à Angers, des programmes à l’instar de Nexity Appolonia qui réalise deux opérations de 80 logements. Mais aussi Nacarat, Icade, SNI ou encore Ouest Tertiaire. En deux ans, 800 nouveaux habitants ont emménagé dans les 450 logements construits sur les ZAC Mayenne/Capucin, et 2 000 logements – sur les 6 000 prévus à terme – sont réceptionnés ou en cours de réalisation. Outre ces deux ZAC où il développe quatre opérations totalisant 350 logements, Bouygues Immobilier cible aussi les fonciers potentiels le long de cette première ligne, « c’est un axe de réflexion majeur pour notre développement à Angers », assure Mike Mathelier, directeur de Bouygues Immobilier Maine Anjou.
En conséquence, ce « catalyseur de projets » va totalement modifier l’organisation de l’agglomération, à commencer par la circulation routière. « Le choix de passer au cœur du centre, rue de la Roë, place du Ralliement et rue d’Alsace était un pari judicieux, poursuit Luc Davy, car cela va déplacer les flux de transit à l’extérieur de la ville. » Cette option contribuera aussi à redynamiser le centre-ville en reliant l’hypercentre aux berges de la Maine, dont la requalification fait l’objet d’un concours d’architecte, et à l’ancien quartier de la Doutre.
Les élus ont également tenu à « privilégier la vie urbaine » en maintenant stationnement et livraisons dans le centre, grâce à une circulation de la plate-forme à sens unique sur 300 mètres.

Alimentation par le sol

Pour le tramway, une alimentation par le sol sur deux sections de 700 mètres a été choisie pour préserver les centres historiques d’Angers et d’Avrillé. Enfin, pour les plates-formes recouvertes de gazon, Colas Rail a fait le choix d’un béton alvéolé (perforé) plutôt qu’un béton classique. De cette manière, la masse de terre plus importante favorise les remontées d’eau par capillarité l’été et réduit les besoins en drainage.
Angers, 16 e ville de France, compte désormais sur l’effet tramway pour renforcer son attractivité. Et Jacques Landreau travaille déjà sur une deuxième ligne en lançant les études de définition d’ici à la fin de l’année.

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