Edito

La saison des transferts

L’inversion des courbes est totale. Il y a encore un an, nous observions le timide réveil du marché de l’emploi après des années d’hibernation. Le secteur osait à peine parler de « reprise », tout juste les DRH acceptaient-ils de reconnaître un « frémissement ». Désormais, plus de fausse pudeur ni de vraie prudence : le BTP a besoin de bras. Et de têtes.

Après la traversée du désert, toute proposition d’embauche s’apparente à une oasis.

Les employeurs n’ont d’autres choix que de passer à l’offensive. Pour honorer leur carnet de commandes, bien évidemment. Pour avoir leur part de croissance, en particulier dans le bâtiment. Mais aussi pour éviter de se faire chiper leurs meilleurs éléments. Car, après des années d’immobilisme, les ingénieurs talentueux et les cadres performants ont la bougeotte. Ils ont cinq, sept, dix ans de boîte et des ambitions jusqu’ici contrariées par un marché bloqué. Résultat : il en faut peu pour les voir succomber aux sirènes de la concurrence.

Après la traversée du désert, toute nouvelle proposition d’embauche s’apparente à une oasis. Le mercato est donc ouvert. Avec ses jolis coups et ses coups bas. Avec ses salaires qui flambent. Avec, aussi, son « transfert du siècle », généré par le Grand Paris Express. Dans le rôle du PSG, la SGP. Dans celui du virtuose que l’on s’arrache : des milliers de compagnons, techniciens et ingénieurs. Ravalés au rang de clubs de second rang, d’innombrables chantiers en régions craignent de voir aspirer leurs forces vives.

Chacun, employeur comme salarié, doit se montrer habile pour sortir gagnant de ce chassé-croisé. Cependant, c’est collectivement qu’il faudra relever un autre défi : le déficit d’attractivité d’un secteur qui peine à séduire de nouveaux talents. C’était l’une des ambitions du déplacement d’Emmanuel Macron en Corrèze la semaine dernière : célébrer, devant micros et caméras, la valeur de l’apprentissage et des métiers des TP. Brouillé par une seule phrase médiatisée, le message est resté inaudible. Dommage. Nos métiers valent tellement mieux qu’une polémique sur le « bordel ».

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