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La réutilisation du bâti existant, un nouvel enjeu pour les territoires

L’ex-centrale électrique de Bankside, construite en 1946 à Londres, est devenue depuis 2000, avec sa transformation en musée d’art moderne – la Tate Modern – par les architectes Herzog & de Meuron, la star incontestée des rives de la Tamise. Face à la Seine à Paris, c’est une ancienne usine – la Sudac – métamorphosée en école d’architecture par Frédéric Borel qui borne l’extrémité est de la capitale. À Tallinn, en Estonie, la reconquête des friches industrielles a nourri la créativité des jeunes architectes locaux dont les réalisations prolongent désormais les héritages hanséatiques et soviétiques. Le quartier Rotermanni a ainsi vu fleurir les reconversions d’ateliers et d’entrepôts, dont l’atelier de charpente surmonté de trois tours contemporaines au profit de commerces et de restaurants par Koko Architectes est une belle illustration. Sur les hauteurs de la ville, la même agence a transformé une papeterie en un complexe mixte auquel une immense boîte de verre en surélévation donne une emphase décisive pour l’image d’une ville contemporaine sur un axe stratégique. Ces projets de recyclage dopent l’image des villes comme pour reléguer dans une autre ère le gigantisme déconstruit du musée des confluences de Lyon qui ouvrira prochainement.

Écriture à tous les temps

Quand l’écriture des talents d’aujourd’hui se mêle à ceux d’hier, ces mutations prennent une valeur emblématique. À Nancy, Marc Barani et Christophe Presles viennent de livrer la reconversion en centre de congrès du tri postal créé par Claude Prouvé en 1972. S’appuyant sur sa logique structurelle, ses proportions et ses lignes de force, ils l’ont doté d’une extension et ouvert sur la ville par un vaste hall, des belvédères et d’immenses façades vitrées. Francis Rambert, commissaire de l’exposition « Un bâtiment, combien de vies ? » à la Cité de l’architecture, à Paris (à partir du 3 décembre 2014), met en exergue quatre icônes relevant d’approches différentes. « Avec la Fabrica, à Barcelone, Ricardo Bofill fait figure de pionnier, en 1973, en transformant, une cimenterie en lieu de travail et habitations. Au Sesc Pompeia, à São Paulo, en 1981, Lina Bo Bardi, complète la structure d’une ancienne usine par une approche patrimoniale très créative, érigeant un bloc de béton doté de passerelles et de percements au profit d’un centre culturel et sportif. À la Tate Modern, à Londres, à la fin des années 1990, on passe à la réappropriation du genius loci et de la puissance du volume. Enfin, à Turin, Renzo Piano fait de l’usine de Fiat un archétype de la multifonctionnalité. Et à Paris, entre l’entrepôt Macdonald, la Poste du Louvre et la halle Freyssinet, des projets d’envergure témoignent désormais de l’intérêt de ces réutilisations, d’autant que les bâtiments des années 1950, 1960 et 1970 offrent des trames et des volumes qui n’ont pas subi les contraintes des normes actuelles réductrices...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 237 du 18/11/2014
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