Régions Bretagne

La région investit 220 millions d’euros sur le port de Brest

Mots clés : Gares, aéroports - Transport maritime

L’ouverture de l’enquête publique marque une nouvelle étape dans l’ambitieux projet de développement du port de Brest autour des énergies marines renouvelables (EMR). Les travaux s’étaleront jusqu’en 2020.

Dans la partie de poker à laquelle se livrent les territoires côtiers de l’ouest pour accueillir la filière des énergies marines renouvelables, la Bretagne tente un sacré coup de bluff. Sans qu’aucun accord ne soit signé avec les industriels du secteur (qui ont commencé à s’implanter à Saint-Nazaire, Cherbourg et Le Havre), la région, propriétaire du port de Brest depuis 2007, s’est engagée à investir quelque 220 millions d’euros pour draguer le chenal d’accès et aménager le polder sur 50 ha (en créant 14 ha supplémentaires sur la mer). L’objectif est double : accroître l’activité du port de commerce et accueillir de nouvelles activités industrielles, en particulier liées aux EMR. « Le retour socio-économique du projet est quasiment assuré », affirme Gérard Lahellec, vice-président du conseil régional en charge des transports et de la mobilité. L’immense potentiel du marché et les différentes techniques (éolien offshore ou flottant, hydroliennes…) semblent lui donner raison. « Le projet est tiré par les calendriers et les besoins des industriels (1) avec qui nous travaillons de façon constructive. Notre objectif est de réaliser un projet portuaire dont les caractéristiques des infrastructures tiendront compte de spécificités hors-norme exigées par les EMR », explique Mathias Mercier, adjoint au chef de projet du développement du port de Brest. Les travaux de stabilisation de 12 ha du polder 124 (un espace de 54 ha gagné sur la mer dans les années 1970) ont déjà été lancés en septembre 2013 par un groupement d’entreprises locales emmené par Lagadec TP.

700 000 m3 de mouvement de matériaux

Porté et financé à hauteur de 7 millions d’euros par le Syndicat mixte pour le développement de Brest-Iroise (SMBI), ce chantier vise à réaliser une plate-forme aménageable de 4 t/m2 de portance, avec de faibles pentes. Ce chantier, qui s’achèvera en avril 2015, représentera plus de 700 000 m3 de mouvement de matériaux. « En moins de quatre mois, près de 20 000 drains géotextiles ont été enfoncés dans le sol, ce qui représente 400 km de drains », explique Marc Dufournaud, directeur du SMBI. Au terme de l’enquête publique le 31 décembre, le gros des travaux pourra démarrer. La première phase s’étalera de 2015 à 2018 pour un budget de 170 millions d’euros. Seront construits : deux quais, dont un de 170 m de long dédié aux EMR avec une plate-forme de manutention attenante (1,3 ha) de 15 t/m2 de portance et un « casier » constitué d’une digue de 1 250 m qui permettra dans un premier temps de valoriser les produits de dragage des chenaux d’accès (environ 1,3 million de m3 de sédiments). A partir de 2018, ce « casier » sera stabilisé et fera gagner 14 ha sur la mer. Il sera complété d’un quai de 210 m de long qui permettra l’armement de deux éoliennes flottantes en simultané. Avec 36 ha de polder dédié aux EMR et une offre unique en bord à quai, le port de Brest se donne clairement les moyens de son développement. Si les EMR tiennent leurs promesses, nul doute que Brest devrait remporter une bonne partie de la mise.

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(1) STX et Eiffage pour la construction de jackets dès 2017 et, à partir de 2018, Winflo pour la construction d’éoliennes flottantes et Sabella pour la construction d’hydroliennes.

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