Enjeux Coup de griffe

La quadrature de l’Hexagone

Lassé des sifflets et quolibets, le président du Grand Est, Philippe Richert, jette l’éponge. Bien sûr, son court mandat n’aura pas été vierge d’erreurs et de maladresses. Mais sur le ring politique qu’il quitte, il aura bien souvent enfilé le short du boxeur généreux voué à encaisser les coups portés depuis les quatre coins de la nouvelle grande région par bon nombre d’élus. Lui qui s’imaginait le premier des « Grands Estiens » a été vu trop Alsacien par une partie des Lorrains et des Champardennais qui estimaient la redistribution des centres de pouvoir trop favorable à Strasbourg, malgré la création d’antennes locales fortes. Plus encore aura-t-il été vilipendé par certains des « siens », n’étant plus assez Alsacien à leurs yeux (ou leurs œillères), à force d’arpenter sans cesse les autres portions du nouveau territoire, jusque dans ses contrées les plus reculées.

A ceux qui en doutaient, la démission de Philippe Richert vient rappeler la force – pas illégitime – du prisme des anciennes régions. Et combien une jeune mégarégion, celle-ci mais sans doute bien d’autres, mettra du temps à être éventuellement perçue comme une collectivité « de proximité ». L’ex-président avait l’habitude de citer en exemple le voisin allemand Bade-Wurtemberg, mais ce Land, né aussi d’un agrégat d’anciennes provinces, a soixante-cinq ans d’histoire commune derrière lui.

Non, décidément, président de nouvelle région française, ce n’est pas le meilleur job du monde. Sauf à se transformer en mathématicien expert de la résolution de complexes équations territoriales. Ou avoir l’âme d’un pompier. Ou celle d’un médecin urgentiste ? Jean Rottner, le successeur pressenti à la tête du Grand Est, en est un, ça peut aider.

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