Régions Amiens

La plus grande cathédrale de France poursuit sa cure de jouvence

Mots clés : Établissements de culte, funéraire

Après le bras nord du transept, c’est au tour de la nef sud de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, et de la statuaire de sa façade occidentale, d’entrer dans une période de travaux de quatre ans.

En 2020, la cathédrale Notre-Dame d’Amiens fêtera ses 800 ans. L’édifice est unique. Par ses dimensions : Notre-Dame de Paris tiendrait à l’intérieur. Par son unité : sa construction se fit d’un seul jet. Et par le fait qu’on connaît ses maîtres d’œuvre : les maîtres maçons Robert de Luzarches, Thomas de Cormont et son fils Renaud.

Pourquoi a-t-on choisi la Picardie pour édifier les plus vastes cathédrales ? « Parce qu’il y avait des forêts pour élever des échafaudages gigantesques », répond Etienne Poncelet, architecte en chef des monuments historiques. Celui qui escalade actuellement la nef sud de Notre-Dame d’Amiens culmine à 46 m pour une largeur de 25 m. D’en haut, directement confronté à la desquamation de certaines pierres, on mesure la nécessité et l’ampleur du chantier, évalué à 7,5 millions d’euros. Le programme, en quatre tranches, prévoit la restauration des murs gouttereaux (y compris les fenêtres hautes), des arcs-boutants, des toitures des bas-côtés et des chapelles, des façades et des sculptures de ces dernières, ainsi que du portail Saint-Christophe et de sa chapelle haute.

Archéologie à ciel ouvert

« Sur le plan technique, ce chantier est extraordinaire car nous avons affaire à un système à deux étages d’arcs-boutants, la cathédrale n’ayant reçu sa couverture que soixante-dix ans après sa construction, explique Etienne Poncelet. Depuis, l’édifice n’a cessé d’être reconstruit sur lui-même. Nous nous trouvons donc face à un gisement archéologique à ciel ouvert. L’hypothèse de travail idéale se frotte en permanence à la réalité de ce monument-document. »
La notation des pierres a commencé. Il s’avère que les pièces originelles ont bien mieux résisté que leurs remplaçantes du XIXe siècle… De la difficulté croissante de se procurer des matériaux traditionnels de qualité ! « On trouve encore du calcaire de substitution (pierre de Tercé, de Lavoux) mais, en ce qui concerne l’ardoise, depuis la fermeture des mines d’Angers, c’est une catastrophe », déplore Etienne Poncelet, qui utilisera un produit gallois.
La totalité des travaux a été prise en charge par l’Etat. « Preuve que le ministère de la Culture est loin d’abandonner son patrimoine », glisse Nicole Phoyu-Yedid, la directrice régionale des affaires culturelles. Alors que la gratuité de l’accès à certaines cathédrales pourrait être remise en cause, Etienne Poncelet plaide au contraire pour des monuments historiques échappant au système économique classique. « C’est un des derniers secteurs d’excellence, qui plus est non délocalisable », conclut-il.

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ENCADRE

Fiche Technique

Maître d’ouvrage : Drac Picardie. Maître d’œuvre : Etienne Poncelet, architecte en chef des monuments historiques. Entreprises : groupement Chevalier Nord/Charpentier PM (échafaudages, maçonnerie, pierre de taille), Nathalie Pruha (restauration des sculptures), Les Ateliers Mainponte (sculptures neuves), Battais Charpente (charpente, menuiserie), Le Bras Frères (couverture), Atelier Mazingue (ferronnerie), Vitrail France (vitraux), Eschlimann (restauration des peintures murales), Nord Peint (peinture), Stael (protection antipigeons), Bureau Veritas Amiens (coordinateur de sécurité).

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