L'essentiel

La petite entreprise peut surmonter la crise !

Dans une conjoncture qui se dégrade, les spécialistes conseillent d’anticiper plus que jamais et de surveiller ses indicateurs plus fréquemment.

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Quel appui trouverauprès de la banque ?

Les banques ont désigné le risque majeur qui plane sur le secteur du bâtiment : le défaut de paiement des clients. Si l’entreprise est saine, soit elle amortit l’impayé avec sa trésorerie, ce qui n’est pas conseillé, soit elle négocie avec sa banque une augmentation des lignes à court terme, sur six mois ou un an. « Nous pouvons opter pour la recapitalisation des prêts personnels ou proposer un prêt de restructuration qui permet, avec le soutien d’Oséo, d’étaler par exemple un impayé de 50 000 € sur deux à trois ans », explique Patrick Raoul, responsable des engagements professionnels au Crédit Mutuel de Loire-Atlantique. Le banquier sera sécurisé si l’entreprise dispose de 20 % de fonds propres ou un fonds de roulement en constante amélioration. « En dehors de nos ratios habituels, nous sommes particulièrement vigilants au volume, à la qualité et à la marge dégagée par le carnet de commandes de nos clients », annonce André Cadrot, directeur des engagements de BTP Banque.

La gestion du compte clients est aussi observée de près et l’allongement du crédit client, en bas de bilan, constituera un signal d’alerte. « Nous proposerons à une entreprise fragile d’externaliser son risque client via l’affacturage ou l’assurance-crédit, car en cas d’impayé, elle ne s’en relèvera jamais », souligne Patrick Raoul. Le conseil essentiel reste le dialogue, comme le martèle André Cadrot : « Pour procéder à des financements dans des conditions optimales, une entreprise doit nous indiquer le plus en amont possible avec quel client elle envisage de traiter un marché ». Malgré les discours, les banques se montrent effectivement plus frileuses, comme le déplore Jean de Beauvillé, dirigeant de l’entreprise Moncélec : « Bien que nous n’ayons aucun découvert, j’ai demandé un petit financement pour deux ordinateurs, un photocopieur et un véhicule. Pour ce dernier, je n’arrive pas à avoir de réponse claire de ma banque. »

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Un soutien auprèsdes fournisseurs ?

Les entreprises s’inquiètent de l’application prochaine de la Loi de modernisation de l’économie (LME) qui devrait imposer aux fournisseurs, courant 2009, de réduire à 30 jours les délais de paiement accordés à leurs clients. « Pour aider certains de nos clients TPE à maintenir leurs carnets de commandes », explique Alexandre Vachet, DG du distributeur Union Matériaux, « nous essayons, de façon informelle, de leur apporter des chantiers mais aussi de les former, avec le soutien de nos fournisseurs, pour de nouveaux champs de compétences, comme celui du développement durable ».

Pourtant, la crainte vient moins des fournisseurs que de l’attitude de l’assureur-crédit. Philippe Crottier, dirigeant de l’entreprise de plomberie EMTS, à Béziers (Hérault) depuis vingt ans, a ainsi découvert qu’il devait payer comptant auprès de certains de ses petits fournisseurs après une décision de la Sfac de retirer sa garantie à cette entreprise de 5 salariés : « Je n’ai jamais eu d’incident de paiement », plaide-t-il. « Cette décision jette le discrédit sur mon entreprise, à tel point que je risque d’avoir à licencier ». Pour Didier Izert, dirigeant de Izert SAS, tous les assureurs-crédit ne se valent pas. « Une fois, j’ai eu un problème Sfac et c’est l’ensemble de mes entreprises qui ont été « sfaquées ». J’ai alors changé de fournisseur car tous n’ont pas la même stratégie : certains savent prendre des risques avec leurs clients. »

Du côté de...

Vous lisez un article de la revue Journal du chauffage n° 157 du 01/12/2008
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