Enjeux

La modélisation trouve de nouvelles voies

Mots clés : Logiciels - Outils d'aide

Le BIM a été employé à toutes les étapes de l’élargissement d’un tronçon de l’A63.

En 2015, Autoroutes du sud de la France (ASF) lançait un projet en BIM pour des travaux d’élargissement de l’A63. Une portion d’autoroute de 27 km entre Ondres et Saint-Geours-de-Maremne, dans les Landes, doit passer de 2 x 2 voies à 2 x 3 voies. Un premier projet pilote en BIM, concernant un tronçon de 4 km, a d’abord été initié. « Après avoir réalisé l’acquisition topographique de l’existant grâce à un Lidar embarqué dans un avion, nous avons été choisis en 2016 pour réaliser la maquette numérique en tant qu’assistant au maître d’ouvrage », déclare Omar Djoudi, responsable BIM d’Ecartip, filiale du groupe Fondasol.

Divers formats de fichiers acceptés. Aujourd’hui, les 4 km ont été modélisés et renseignés précisément avec le nom des éléments, comme les glissières de sécurité, les arbres ou les accotements. Les données géoréférencées d’origine ont été complétées par celles issues du « mobile mapping » : le Lidar a été cette fois-ci installé dans un véhicule pour davantage de précision. Les données géométriques ont ensuite été complétées par les informations relatives aux réseaux, qu’ils soient aériens ou enterrés. Les différentes maquettes sont accessibles via une plate-forme d’échange. Les fichiers peuvent être envoyés dans divers formats : en IFC (standardisé), en PDF et autres formats bureautiques, ou dans ceux des outils CAO (fichiers WG ou LandXML, par exemple).

Le format BCF (BIM collaboration format) est utilisé pour signaler les anomalies, notamment lors de la synthèse.

Pour le responsable, la modélisation de l’existant permet de mieux visualiser les contraintes du projet. « Avec la 3D, vous voyez immédiatement s’il y a des dispositifs de sécurité à décaler, par exemple. Cela permet d’éviter les oublis et de mieux anticiper les interfaces entre les différents ouvrages. Tous les intervenants, même les non-spécialistes, identifient facilement le contexte, comme un talus de remblais de 4 m de haut. » En phase d’études, la maquette intègre tous les éléments, y compris les écrans antibruit issus des calculs acoustiques. Pour Omar Djoudi, le modèle numérique en 3D permet également une meilleure lisibilité et une meilleure compréhension du phasage qu’en 2D. Il est en effet possible de réaliser des séquences vidéo qui montrent l’évolution des travaux au fil des mois. Un point important, en particulier pour la communication à destination des riverains et des élus, puisque le projet traverse neuf communes.

Des vidéos numériques montrant l’évolution des travaux peuvent être réalisées.

Ouvrages modélisés pour les DOE. Preuve que la méthode et le résultat du projet pilote ont été appréciés par ASF, Ecartip s’est vu confier la responsabilité du BIM sur l’intégralité du projet. « Nous avons aujourd’hui modélisé les 27 km de l’A63 en phase d’études », indique Stéphane Huguet, directeur commercial d’Ecartip. Le projet est actuellement en travaux et la modélisation suit l’avancement du chantier. En parallèle, les ouvrages déjà réalisés sont modélisés en vue des dossiers des ouvrages exécutés (DOE). « Nous tenons ainsi compte des contraintes qui sont apparues sur le chantier et auxquelles les entreprises ont dû s’adapter », explique Omar Djoudi. La dernière version, qui comprend également les réseaux enterrés modélisés depuis les relevés topographiques des géomètres, est celle qui servira à l’exploitation, notamment pour les futurs projets d’aménagement.

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