Technique et construction durable Rouen

La mixité à l’épreuve des tests

Dans les services de la métropole Rouen-Normandie, le sujet a fini par intriguer. A force de voir passer des informations sur des lieux que les femmes évitaient, sur des terrains de sports et des cours d’écoles monopolisés par les joueurs de foot ou sur des expériences de marches exploratoires, son directeur de l’aménagement et des grands projets, Bertrand Masson, a décidé d’aller vérifier par lui-même. « Il suffit de se poser devant un city stade pour constater, très vite, qu’il n’est fréquenté que par des garçons », raconte-t-il aujourd’hui.

A l’époque, la métropole doit justement installer ce type d’équipement sportif pour achever l’aménagement des quais bas de la rive gauche de la Seine. Si le responsable ne sait pas encore bien comment s’y prendre, il est en tout cas convaincu qu’il faut ménager une place aux filles dans ces futurs espaces. Au dernier moment, une piste de roller derby est donc finalement installée sur un terrain qui aurait dû être dédié au foot ou au basket, et le tout a été inauguré en juillet dernier. Bertrand Masson, qui croit beaucoup à la valeur des tests, poursuit : « Ce changement était facile et peu coûteux. Il était nécessaire de commencer modestement et si nous nous étions trompés, ça n’aurait pas été grave. Mais les joueuses l’utilisent, y compris de nuit. »

Aire ludique et sportive. Bernard Masson entend ainsi « faire entrer tout doucement la question du genre dans les projets » de la métropole, en veillant à travailler sur des projets réellement mixtes, ce que n’était pas la piste de roller derby . La prochaine expérience sera menée lors de la transformation de l’ancien champ de courses des Bruyères en parc urbain. En effet, il a été a demandé à l’agence Mutabilis, chargée du projet, de le modifier pour prendre davantage en considération le public des adolescentes. Entre le concours et aujourd’hui, un vaste espace sportif a disparu des esquisses et l’agence de paysages a imaginé une aire qui autorisera une grande variété d’activités ludiques et sportives. « C’est par le mélange des usages que l’on arrive à attirer les filles, les garçons, les familles… », remarque la paysagiste Marie Mondésert, très attachée à ce que les aménagements ne catégorisent pas les populations.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X