Régions

La mise en sécurité du campus Jussieu pourrait s’achever en 2004

Un investissement de 3,9 milliards de francs, dont le désamiantage ne représente que 13 %.

Le vaste chantier de désamiantage et de mise en sécurité du campus de Jussieu a débuté en juin 1998, avec les opérations de déménagement-dépoussiérage de la barre 65-66. Le bâtiment a ensuite été isolé avant le commencement, en mars, de l’arrachage de l’amiante, qui devrait se poursuivre pendant trois mois. Ensuite, interviendront le reflocage avec un produit de substitution à l’amiante, puis la mise aux normes de sécurité électrique et incendie et les réaménagements intérieurs (1). La remise en service de la barre 65-66 est prévue en février 2000, après 18 mois de travaux.

« C’est un chantier prototype, explique Philippe Grand, directeur de l’Etablissement public de Jussieu (EPCJ). Nous réalisons toutes les études nécessaires, repérons les difficultés, et procédons à de nombreux contrôles. Le CSTB assure aussi une mission de suivi-évaluation de nos procédures. Nous en tirerons une méthode « quasi-industrielle » afin de faire face à la montée en puissance du chantier ».

Quatre barres traitées tous les six mois

L’objectif de l’EPCJ est en effet, dans une deuxième phase, de traiter trois barres simultanément pendant une période de 15-18 mois, puis quatre barres en moyenne tous les six mois. « Lorsque nous en serons à cette phase, nous aurons quatre barres en études, quatre en dépoussiérage, quatre en désamiantage et quatre en mise en sécurité. » Si ce schéma de travail, retenu par l’EPA Jussieu, est respecté, les travaux devraient être achevés à la fin de 2004.

Le budget global, arbitré lors d’une réunion interministérielle, s’élève à 3,87 milliards de francs TTC, dont 487 millions sont affectés au désamiantage du gril d’Albert (2) de la tour et du socle. Les travaux de mise en sécurité mobilisent 2,2 milliards (voir encadré). Environ 100 millions seront consacrés à la démolition de préfabriqués qui contiennent de l’amiante stabilisée, et un milliard aux opérations d’accompagnement (locations extérieures, installations provisoires, déménagements).

Délocalisation et réorganisation

Le déroulement du chantier pourrait être facilité par le départ de tout ou partie d’une des universités sur un autre site. « Si le projet de construire 40 000 m2 de laboratoires de recherche pour Paris 7 sur la ZAC Paris-rive gauche se concrétise, nous pourrons tenir ces délais. Sinon, ce sera beaucoup plus difficile », commente le directeur de l’EPCJ.

Dans l’immédiat, les différentes équipes universitaires de recherche seront relogées provisoirement dans d’autres locaux parisiens. Les étudiants de 1er et 2e cycles restent sur le campus, dans des locaux préfabriqués (12 000 m2 réalisés d’ici à début 2000) venant s’ajouter au bâtiment industrialisé de 6 000 m2 livré en juin dernier. Ces travaux vont aussi être l’occasion de réorganiser le campus. « Aujourd’hui, toutes les activités sont mêlées dans les barres : laboratoires, enseignement, administration… Nous allons essayer de mieux les structurer et de les séparer par étage », conclut Philippe Grand.

(1) Les appels d’offres pour les travaux de rénovation de la barre 65-66 (création d’escaliers, traitement des façades, courant faible…) sont en cours de dépouillement. Un appel d’offres est en cours pour le déménagement-dépoussiérage de sept barres (phases 2 et 3), et un autre va être lancé pour le désamiantage de trois barres (phase 2).

(2) C’est un ensemble de trente-huit barres et demi, à structure métallique, posées sur un socle et articulées autour de rotondes en béton. Il représente 230 000 m2 shon.

PRINCIPAUX INTERVENANTS

Maîtrise d’ouvrage : établissement public du campus de Jussieu.

Maîtrise d’oeuvre (pour les huit premières barres) : Technip Seri Construction (ingénierie, mandataire) ; Wladimir Mitrofanoff et Guy Autran (architectes), cabinet Casso (sécurité), Gleeds International (économiste).

Entreprises (barre 65-66) : groupement CMS/Quille/ASM France (dépoussiérage-désamiantage), Bedel (déménagement).

Base vie : Delau.

Contrôleur technique : Veritas.

Coordinateur sécurité et protection de la santé : Cosse.

Laboratoires de prélèvements et d’analyses : BRGM et Aib-Vincotte.

PLAN DU CAMPUS

ENCADRE

2,2 milliards pour la mise en sécurité

Les travaux de sécurité concernent le gril d’Albert mais aussi les barres de Cassan, non amiantées (300 millions de francs) :

Après arrachage de l’amiante, protection des structures métalliques avec projection de plâtre et de vermiculite sur les poutres et encoffrement des poteaux dans des carreaux de plâtre ;

application de peinture intumescente sur les poteaux extérieurs pour retrouver une tenue au feu d’une heure et demie ;

création de 25 escaliers de secours supplémentaires ;

installation de parois coupe-feu et de portes pare flammes. Tous les planchers et façades seront rendus coupe-feu ;

restructuration du socle avec réaménagement des salles de cours en sous-sol et suppression des nombreux culs-de-sac.

Ces travaux engendreront une réduction de la surface utile du campus d’environ 10 % (soit 20 000 m2).

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