[TO] Règles techniques Travaux souterrains

La galerie hydraulique de Salazie enfin au bout du tunnel

Mots clés : Musées - galerie - Ouvrage d'art - Travaux publics

A la Réunion, le creusement de la galerie hydraulique de Salazie, tronçon « sensible » du projet d’irrigation du littoral ouest de l’île, long de 17,8 km, a été ponctué, durant quinze ans, d’importants aléas techniques.

Projet prométhéen par excellence, le creusement de la galerie de basculement des eaux de l’île de la Réunion vient de s’achever… après vingt-six ans de travaux. Traversant, sur 30 km, les cirques de Mafate et Salazie, cet ouvrage de 3,2 m de diamètre doit acheminer pas moins de 97 millions de m3 d’eau par an (avec un débit de 4,4 m3/s), des rivières du Mât et des Fleurs Jaunes, situées au centre de l’île (voir page ci-contre), aux terres agricoles de l’Ouest réunionnais, pour répondre aux besoins hydrauliques locaux.

Démarrés en 1999 et achevés en 2014, les travaux d’excavation de la galerie hydraulique de Salazie – constituée d’une partie aval de 9,4 km et d’une partie amont de 8,4 km – ont été émaillés d’importants incidents, d’origine climatique, géologique et technique. « Sur le chantier de Salazie aval, les crues du bras Sainte-Suzanne, dues à d’importants événements pluvieux, ont détruit plusieurs fois la piste d’accès au site, nous obligeant à la reconstruire régulièrement », relate Stéphane Duflos, directeur d’exploitation pour Spie Batignolles TPCI. Et d’ajouter : « Nous avons aussi été confrontés à deux éboulements majeurs dans une zone de forte convergence et à d’importantes venues d’eau, ce qui nous a contraints à abandonner le tunnelier dans une niche et à finir le creusement en méthode traditionnelle, à l’explosif, sur environ 1,5 km. »

Tunnelier abandonné

Pour la galerie de Salazie amont, la situation était à l’avenant. Deux mois seulement après sa mise en service – et au bout de 470 m d’excavation – le second tunnelier utilisé sur le chantier a dû être arrêté en raison de débits d’eau exceptionnels (jusqu’à 1 800 l/s, à des pressions comprises entre 20 et 30 bars !). Planning serré oblige, les équipes sur place ont alors dû réaliser une galerie de contournement à l’explosif, parallèle au tronçon excavé au tunnelier. La méthode traditionnelle a ainsi été employée pour le passage des trois zones fortement aquifères de la galerie de Salazie amont. « Pour ces points sensibles, nous avons procédé, avec du matériel spécifique, à des sondages carottés de reconnaissance de 800 m de long, afin de détecter la présence d’eau à l’avancement. Le cas échéant, nous avons réalisé des auréoles de drainage de 50 à 80 m pour abaisser la pression de l’eau dans le terrain », explique Stéphane Duflos.
Une fois le tunnelier reconditionné pour accroître ses capacités de pompage, le creusement a pu reprendre, jusqu’en mai 2011. Depuis cette date, les travaux ont consisté en la pose du revêtement dans les parties excavées en traditionnel et en l’installation des réseaux hydrauliques. La galerie a été mise en eau à la fin de l’année 2014.

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fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : conseil général de la Réunion. Conducteur d’opération : Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt. Maîtrise d’œuvre : BRL/SCP/SCEMO. Entreprises : Bouygues TP, Spie Batignolles TPCI, Sotrabas, Razel-Bec, DTP Terrassement, Pico Océan Indien, Bilfinger & Berger. Coût : 375 millions d’euros HT.

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