Régions Pays de la Loire

La dotation Cligman trouve refuge à Fontevraud

Mots clés : Architecture - Bâtiment d’habitation individuel - Conservation du patrimoine - Gestion immobilière

200 000e visiteur cet été du Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine de Sainte-Suzanne (Mayenne).

26 600 logements mis en chantier dans les Pays de la Loire sur les douze derniers mois à fin juillet (hausse de 18,5 %).

379 euros Prix moyen des loyers pour un studio étudiant à Rennes, en baisse de 5 % par rapport à l’année dernière.

Toulouse-Lautrec, Corot, Degas, Delacroix, van Dongen, Dufy, Soutine, de Vlaminck, Marinot… En 2019, quelque 600 œuvres des grands noms de l’histoire de l’art des XIXe et XXe siècles seront présentées au public dans un nouveau musée d’art moderne, aménagé dans l’un des bâtiments de l’abbaye royale de Fontevraud, près de Saumur (Maine-et-Loire). Ce fonds remarquable, estimé à environ 20 millions d’euros, est issu de la dotation à l’Etat d’environ la moitié de l’exceptionnelle collection constituée pendant plus de cinquante ans par l’ancien magnat du textile Léon Cligman et de son épouse Martine, artiste peintre. « Je veux rendre à la France un peu de ce que ce pays m’a donné », a déclaré cet émigré juif russe, âgé de 97 ans, dont l’empire a compté jusqu’à 40 000 salariés.

Déboires tourangeaux. A l’origine, cette donation devait s’établir en Touraine. En 2016, les époux Cligman avaient souhaité élargir leur mécénat en offrant une propriété de cinq hectares située à dix minutes du centre de Tours. Devant le manque d’intérêt du département d’Indre-et-Loire et de l’agglomération de Tours (aujourd’hui métropole), le service des Musées de France avait alors sollicité la Ville de Tours avec l’idée de construire une extension du musée des Beaux-Arts. Après l’avis défavorable de la Commission nationale des secteurs sauvegardés, la collection devait trouver refuge dans le château de Tours. Fin 2016, une convention tripartite est signée entre l’Etat, la Ville et les époux Cligman, et un permis de construire est déposé le 8 février dernier. Alors que le projet semble sur les rails, les relations se dégradent entre les mécènes et la Ville jusqu’à un point de non-retour.

Rapidement, les Cligman se tournent vers d’autres collectivités. Ils rencontrent alors Bruno Retailleau, président (LR) de la région des Pays de la Loire, qui suggère l’aménagement de la fannerie de l’abbaye royale, une propriété de l’Etat dont la gestion est confiée à la région. Ce bâtiment classé, édifié vers 1786 pour héberger les écuries, est l’un des plus imposants du site. Sa façade et sa couverture ont été rénovées récemment et ses trois niveaux permettront de proposer quelque 1 200 m2 de surface d’exposition dans la cour d’honneur de l’abbaye.

Calendrier serré. « Le bâtiment possède de grandes qualités avec 3,5 m de hauteur sous plafond et une structure à première vue correctement dimensionnée », estime Christophe Batard, architecte des bâtiments de France. Bruno Retailleau veut faire de ce musée « un lieu d’avant-garde » et espère obtenir rapidement le label Musée de France. Les travaux seront financés par un fonds de dotation auquel les époux Cligman contribuent à hauteur de 5 millions d’euros avec pour objectif une livraison « au cours de l’année 2019 ». Un calendrier très serré pour lequel « l’Etat va veiller à ce que les choses se passent le plus vite possible », a promis la nouvelle préfète de la région, Nicole Klein.

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