Annuel aménagement La Défense

L’univers domestique inspire le bureau

De même que la frontière s’estompe entre vie professionnelle et vie privée, la porosité grandit entre espace de bureau et univers domestique. Une tendance illustrée par la toute nouvelle tour Majunga, dans le quartier de La Défense (Hauts-de-Seine), qui panache ad libitum offres de services en tous genres et plateaux de bureaux noyés de lumière naturelle avec jardins-loggias à chaque étage.

Sept ans de gestation, quarante-quatre mois de chantier, quarante-cinq étages (195 m) et une inauguration en grande pompe le 25 septembre dernier. Tous étaient réunis et tous avaient jeté leur poids dans la balance pour faire vivre le projet : l’architecte Jean-Paul Viguier, l’investisseur Unibail-Rodamco, l’entreprise Eiffage Construction, sans oublier le designer Olivier Saguez ni l’indispensable « commercialisateur », Jones Lang LaSalle. Objectif : s’affranchir de la tour du XXe siècle, « fermée, répétitive, monumentale », pour inventer celle du XXIe siècle « vivante, écologique, respirante et urbaine », selon les mots de l’architecte. Et parvenir, dans la foulée, à proposer davantage que de simples « bureaux en blanc » : un « lieu d’échanges et de créativité, un lieu d’action et de bien-être ».

Mieux : un « nouvel art de travailler » destiné à attirer et fidéliser les entreprises et les talents… « Les tours doivent séduire », plaide l’architecte. Et c’est ici qu’entre en scène pour l’y aider le « designer d’espace » qui, au-delà d’une simple mission d’ensemblier pour mobilier de bureau, met en place toute la séquence d’approche qui va du hall de la tour au poste de travail. Un accueil qui se veut en rupture avec le stress des transports urbains, et joue la carte du lobby façon hôtel de luxe, avec hôtesses nomades, journaux, espace « lounge », « beauty room », espace « plug and work » pour se connecter et commencer sa journée de manière informelle. Pour pallier l’effet toujours un peu anxiogène de la tour de grande hauteur, lumière – naturelle et artificielle – et fluidité des circulations sont partout mises en valeur. Dès la sortie des ascenseurs, le regard se perd vers le lointain grâce à des paliers d’étages vitrés de part et d’autre. Les plateaux de bureaux, avec leurs 2,70 m de hauteur libre sous plafond et leur 2,45 m de clair de vitrage, affichent une luminosité exceptionnelle, renforcée par la possibilité offerte à chaque utilisateur de moduler éclairage, store et température à son gré. Et pour renouer avec « la joie d’être à la lumière et à l’air », chère à l’architecte, et retrouver ce « rapport familier et plaisant entre tour et territoire », celui-ci a imaginé des « ouvrants de confort » équipés de moucharabiehs, qui permettent d’humer l’air et la rumeur extérieurs. Clou de l’opération, vingt jardins-loggias de 50 m2 en double hauteur, orientés au sud, offrent à chaque niveau, un espace extérieur protégé mais à l’air libre, où l’on peut faire une pause cigarette sans avoir à rejoindre le pied de la tour. A l’échelle des plateaux, la volonté d’Olivier Saguez a été « d’optimiser la liberté de l’architecture propre à la tour Majunga par un design d’espaces ouverts à toutes les expériences de travail et de services au bureau ». A traduire par une offre de 10 000 m2 d’espaces de services pour les futurs utilisateurs, qui panache restaurants, business center – avec auditorium et salles de réunions modulables -, foyer pour cocktails, conciergerie privée, espace de sport et de remise en forme…

A l’échelon du poste de travail, l’aménagement proposé se veut propice au bien-être et à la concentration des utilisateurs via « une palette de matériaux issus de l’univers de la maison » : moquette en laine, panneaux textiles colorés absorbants, parquet en ipé massif pour les loggias façon terrasse de jardin, etc. Tout ceci a un prix : pour permettre à leurs collaborateurs de « travailler autrement », il en coûtera aux heureux locataires environ 500 euros/m2 et par an de loyer.

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ENCADRE

Chiffres clés

9,7 m2 maximum par poste de travail.

80 kWh/m2 par an de consommation en énergie primaire.

1 350 à 1550 m2 SU brute locative par niveau.

2 000 m2 d’espaces verts.

5 000 postes de travail.

67 200 m2 SU brute locative.

ENCADRE

Fiche technique

Maître d’ouvrage : Unibail-Rodamco. Maîtrise d’œuvre : Jean-Paul Viguier & Associés (mandataire). BET : Setec TPI (structure), Inex (fluides), Sterling Quest (économiste), Emmer Pfenninger Partner (façades), Saguez & Partners (décorateur), Jean-Paul Viguier & Associés (paysagiste), Rémi Raskin (acoustique), Elioth (HQE). Maîtrise d’œuvre d’exécution : Arcoba. Groupement d’entreprises : Eiffage Construction grands projets/Groupe Goyer. Surface : 69 500 m2 Shon de bureaux (63 000 m2 SU). Coût des travaux : 200 millions d’euros HT.

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