Architecture

L’HÔPITAL DU XXI SIÈCLE, CONNECTÉ, FLEXIBLE ET AMBULATOIRE

Mots clés : Établissements de soins

Dans l’hospitalier, les typologies se succèdent : après le pavillonnaire du XIXe siècle, l’hôpital-bloc des années 1930-1950 et les plans types des années 1950-1980, les architectes Pierre Riboulet et Aymeric Zublena innovaient en construisant, à l’aube des années 2000 pour l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), deux grands hôpitaux ouverts sur la ville, Robert-Debré (XIXe arr.) et Georges- Pompidou (XVe arr.).

Aujourd’hui, ce sont les principes de modularité et d’adaptabilité qui, pour répondre aux évolutions rapides des techniques médicales, mobilisent les architectes rompus à ces programmes, à l’instar de Groupe-6, Brunet-Saunier, Michel Rémon, Michel Beauvais, AIA, Valode et Pistre, Kardham, Jean-Paul Viguier, Emmanuelle Colboc, Catherine Dormoy, ou l’Atelier du Prado. Des concepteurs dont la compétence est désormais reconnue au-delà des frontières hexagonales et qui s’exportent, comme Michel Rémon à Bruxelles ; Jean-Paul Viguier à Moscou ; Valode et Pistre à Shenzen (Chine) ; Groupe-6 à Agadir ; ou Brunet- Saunier à Helsinski et Zurich.

En France, d’importants programmes verront le jour dans la prochaine décennie, à l’horizon 2025-2026 : le CHU sur l’île de Nantes (230 000 m2 , 528 M€), conçu par les architectes Art & Build associés à Pargade, et le campus hospitalo-universitaire Grand Paris-Nord à Saint-Ouen (200 000 m2 , 650 M€), dont la maîtrise d’œuvre n’est pas encore attribuée, figureront parmi les plus grands sites hospitaliers d’Europe (lire p. 56-57).

Remplaçant des établissements devenus obsolètes, ils optimisent le regroupement avec l’université et la recherche et relèvent d’une nouvelle génération d’hôpitaux, connectés, fonctionnels et aimables. La notion de flux y est centrale et ils s’inscrivent dans des trames urbaines ou paysagères.

Monospace versus fragmentation

« Avec son organisation en pôles d’activité, l’hôpital s’est hori-zontalisé pour regrouper des sous-ensembles dans de vastes établissements dotés d’un plateau pluridisciplinaire », note Olivier Contré, directeur de Kardham Architecture Paris, qui a toujours travaillé sur des programmes hospitaliers. « Lorsque j’étais associé chez Brunet-Saunier, nous avons développé l’idée que l’hôpital devait changer de peau et se « désarchitecturer ».

En simplifiant la forme, nous sommes arrivés au « monospace », principe que je fais évoluer aujourd’hui au sein d’un groupe pluridisciplinaire. » Selon lui, l’imbrication d’espaces physiques et virtuels dans un bâtiment autorise de nouvelles façons d’associer les fonctions et de nouveaux parcours ambulatoires.

« Mais si, en ville, le macro pavillonnaire diffus permet de redéployer l’hôpital en îlots morcelés, l’architecture ne doit pas se refragmenter au motif que le numérique dessine un espace commun. L’espace unique demeure essentiel pour configurer sans limites les disciplines médicales au sein d’établissements polymorphes et flexibles où, comme au jeu de mikado, on peut déplacer un élément sans perturber les...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 266 du 11/02/2018
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