Etat et collectivités

L’entrepreneur rénove aussi son bourg

Mots clés : Etat et collectivités locales - Gros oeuvre

Maire de Montagrier et directeur d’une société de gros œuvre, Francis Lafaye dynamise son village… tout en cloisonnant ses activités.

A la mairie de Montagrier (Dordogne), on le croise peu en semaine, une heure par jour tout au plus. Il laisse le soin à son adjoint de répartir le travail quotidien des trois employés municipaux chargés des travaux. « Jusqu’à mon dernier mandat, je faisais le recrutement dans mon entreprise et je venais ensuite faire le point avec les employés de la Ville sur les tâches du jour, mais ça faisait trop », reconnaît Francis Lafaye.

Depuis qu’il est maire (DVD), il cloisonne. C’est ainsi qu’il parvient à mener de front ses fonctions politiques et celles de directeur de la SAS Lafaye, une entre prise de gros œuvre en rénovation et de couverture installée à Montagrier. « Je prends les rendez-vous avec les habitants le samedi matin et je passe presque tous les matins vite fait à la mairie. » Surtout, « je ne travaille pas pour la commune, c’est plus simple. Et lorsqu’il m’arrive de prêter du matériel, c’est gratuitement ». Les risques de conflit d’intérêts sont ainsi réglés.

Une commune rurale en croissance. Depuis qu’il est entré en politique au début des années 1980, Francis Lafaye a des ambitions pour son village. « Ça ne me fait pas peur de démarrer un chantier », ironise le maire, qui a débuté dans la menuiserie et la charpente en 1981, aux côtés de son père et de son grand-père. Il fait construire ou réhabiliter des logements pour assurer une vitalité à Montagrier et accueillir des jeunes. Le bourg compte à présent une microcrèche, une école en regroupement pédagogique, un cabinet médical agrandi et un commerce, auxquels s’ajoutent 19 logements sociaux communaux. « Ma connaissance du bâtiment m’a incité à gérer ces logements plutôt que de faire appel à des offices HLM. Les communes qui y ont eu recours n’ont plus la maîtrise. Il est difficile de réinvestir les bourgs quand ils sont vides. » La commune, qui domine la vallée de la Dronne, s’enorgueillit d’être passé de 380 habitants dans les années 1980 à plus de 500 aujourd’hui.

Francis Lafaye estime que sa « déformation » professionnelle l’aide à mener son mandat à bien. Lorsqu’il commence la politique à 27 ans, en présentant une liste aux municipales, son père et son grand-père ont pourtant tenté de l’en dissuader : « Ils me disaient que j’allais perdre des clients. Or défendre des idées ne m’a pas porté préjudice. Au contraire, ça m’a permis de rencontrer du monde, surtout lors des cantonales de 1998. Des opposants ont même fait appel à moi pour des travaux ! » Choisir une entreprise dans le cadre d’un marché reste toutefois une décision difficile à prendre pour le dirigeant. Une fois, il a même préféré se retirer plutôt que d’avoir à se prononcer : « Un artisan avait provoqué un retard de chantier de plus de six mois. Et quand il a fallu voter la poursuite ou non des pénalités, je n’ai pas participé au vote. J’avais conscience qu’il s’était moqué de nous, mais, en tant que professionnel, je savais que ce serait compliqué pour lui. » Francis Lafaye se donne encore un mandat pour terminer l’aménagement du bourg. Ensuite, il rendra les clés pour accorder davantage de temps à sa famille.

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ENCADRE

Son parcours :

1981 : il intègre l’entreprise familiale, créée par son grand-père en 1928.

1983 : entre au conseil municipal de Montagrier dans l’opposition.

1989 : se présente avec le maire communiste sur une liste d’union.

1993 : devient maire.

2001 : rachète la société familiale.

2013 : revend sa société et en devient le directeur.

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