Enjeux Carbone

L’empreinte indirecte monte en puissance

Pour réussir le pari de la « décarbonation » de l’économie, les professionnels de l’immobilier devront changer de logiciel. « Je ne crois pas que l’on se rende service en chiffrant les dépenses énergétiques, en les réduisant et en estimant que cela diminue l’empreinte carbone, a lancé Jean-Marc Jancovici, président de l’association The Shift Project, lors d’une journée d’étude organisée mi-octobre par l’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF). Le raisonnement doit porter sur un système et non plus sur un objet. » Olivier Elamine, P-DG de la foncière allemande Alstria, appuie : « L’empreinte carbone des consommations indirectes d’un bâtiment (sa construction, son usage, le trajet réalisé par ses usagers pour s’y rendre, etc. ) peut être dix fois supérieure à celle de la consommation directe de l’immeuble. »

Affiner la méthodologie de comptabilisation. Plus la pression réglementaire augmente – le gouvernement a annoncé cet été vouloir atteindre la neutralité carbone en 2050 -, plus les investisseurs se montrent pointilleux. « Je vais demander aux sociétés qui gèrent notre parc immobilier d’affiner leur méthodologie de comptabilisation carbone », assure Catherine Vialonga, directrice adjointe de l’ERAFP, un fonds de pension public qui détient un portefeuille immobilier d’une valeur de 1,6 milliard d’euros.

Sur le terrain, les acteurs se mobilisent. A l’instar d’Icade, qui a confié aux équipes de Jean-Marc Jancovici « la réalisation d’une cartographie du patrimoine pour identifier les bâtiments à traiter en priorité, indique Emmanuelle Baboulin, membre du comité exécutif de la foncière. Et les solutions préconisées peuvent être draconiennes, comme la démolition d’actifs. »

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