Enjeux Energies renouvelables

L’émergence contrariée des éoliennes en mer

Mots clés : Concurrence - Coûts et prix - Electricité - Energie renouvelable - Gouvernement

Lourdeurs administratives et recours ont jusqu’à présent entravé les projets. Le gouvernement veut désormais renégocier les tarifs de rachat d’électricité, au grand dam des acteurs de la filière.

Le constat résume à lui seul la colère de toute une filière.

Sept ans après le lancement du premier appel d’offres (AO) national sur l’éolien « posé » offshore, en 2011, pas une seule pale ne tourne encore au large de nos côtes. Une dizaine de projets sont pourtant dans les tuyaux, pour la technologie « posée », donc, mais aussi « flottante ». Dans le meilleur des cas, aucune éolienne ne serait mise en service avant 2020 (voir infographie ci-contre) . Une situation ubuesque, alors que les AO de 2011, puis de 2013, projetaient la construction de six parcs d’un total de 400 mâts posés, pour tenir les objectifs du Grenelle en production d’énergie renouvelable (EnR). Dans le même temps, plus de 4 000 éoliennes truffent les eaux européennes. En Grande-Bretagne, elles produisent déjà 5 % de l’électricité consommée.

A ce retard, provoqué par des recours et des lourdeurs administratives, s’ajoute une nouvelle embûche. Le gouvernement a annoncé le 12 avril son intention de mener des négociations bilatérales avec les porteurs de projet, dans le but avoué de baisser les tarifs d’achat par l’Etat de l’électricité produite. Lors des appels d’offres de 2011 et 2013, ils étaient fixés à 190 euros le mégawattheure (MWh) en moyenne, sur les six parcs prévus, et sur vingt ans d’exploitation. L’exécutif, qui cherche des économies, a sûrement en tête les tarifs d’achat d’électricité inférieurs en vigueur dans d’autres pays… En Grande-Bretagne, ils se situent désormais bien en dessous de la barre des 100 euros le MWh. « Ces négociations vont se dérouler en juin et juillet, mais nous en ignorons au-jourd’hui les paramètres et le nouveau tarif envisagé », regrette Alexandre Roesch, délégué général du Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui regroupe les filières industrielles des EnR.

Fragilisation. Une chose est sûre : l’économie générale des projets d’éolien offshore, établie lors des appels d’offres, risque d’être bouleversée. De quoi fragiliser une filière qui s’est construite à grands coups d’investissements. Les régions...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5973 du 27/04/2018
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X