Ingénierie Grand prix

L’élégance couronnée

Mots clés : Ouvrage d'art

Le pont Citadelle, à Strasbourg, allie simplicité esthétique et complexité technique pour une première mondiale.

Ce n’était pas le plus gros projet en lice, ni le plus cher. Il est pourtant lauréat du Grand prix national de l’ingénierie 2016, à la surprise de ses concepteurs, qui se sentaient Petit Poucet dans cette compétition. Le pont Citadelle franchit le bassin Vauban à Strasbourg pour permettre l’extension du réseau de tramway de la Compagnie des transports strasbourgeois vers l’Allemagne. Il a été salué par le jury pour son élégante simplicité, son originalité et sa lisibilité. L’ouvrage est le fruit d’une conception très intégrée entre architecte et ingénieurs au sein d’Egis. Claude Le Quéré, ingénieure-chef de projet, et JeanBernard Nappi, architecte, se souviennent qu’ils sont partis d’une page blanche et d’une longue liste de contraintes techniques et esthétiques pour élaborer cet ouvrage. Une partie de ping-pong entre les ingénieurs et l’architecte a conduit à éliminer les unes après les autres les solutions les moins adaptées au projet pour parvenir à trois solutions, puis à une seule. « Grâce à la conception en 3D dès les premières esquisses, nous avons pu tester de nombreuses variantes, tant structurelles qu’esthétiques », apprécie Claude Le Quéré. La maquette numérique 3D a ensuite permis de détecter très vite les défauts et d’éviter toute imprécision dans le projet.

Les exigences du rail. A toutes les phases de conception, l’équipe a cherché à concilier les exigences du tramway, notamment une certaine rigidité du tablier support des rails, avec la souplesse de la structure métallique suspendue. L’objet à construire étant parfaitement défini, les entreprises ont pu ensuite se consacrer à la recherche des meilleures méthodes de mise en œuvre. Le résultat est un pont métallique dont le tablier courbe et élancé, d’une portée de 163 m, est suspendu à un arc supérieur par l’intermédiaire de suspentes. Cet arc de 40 m de haut, dont la ligne d’épure est dans un plan vertical, présente un biais par rapport au tablier qu’il enjambe. L’axe de symétrie vertical de l’arc se trouvant à l’aplomb du centre du tablier, les deux demi-arcs sont sollicités de manière identique, « comme une balançoire », illustre la chef de projet.

Les formes épurées voulues par l’architecte constituent une réponse technique à l’analyse des efforts. Ainsi, la section transversale de l’arc en caisson métallique varie en hauteur et en largeur, de sa base plus haute que large à son sommet plus large que haut. Cette forme résulte d’une volonté esthétique autant que de l’analyse des efforts pour optimiser la matière. De même, le choix technique des accroches basses des suspentes via des caissons secondaires en rive extérieure a favorisé la finesse perceptible du tablier. La mise en œuvre des équipements et des voies est en cours et le pont devrait être mis en service au printemps 2017, après les essais de rigueur.

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ENCADRE

Equipe intégrée ingénieurs et architecte

Animée par la chef de projet Claude Le Quéré, diplômée X-Ponts, l’équipe de conception et de maîtrise d’œuvre Egis compte notamment (ci- dessous de gauche à droite) l’architecte Jean-Bernard Nappi et les ingénieurs Frédéric Menuel, Alexandros Giannopoulos et Serge Gounant (maîtrise d’œuvre générale de la ligne de tramway). Nabil Yazbeck n’apparaît pas sur la photo.

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