Autres 1968

L’ÉCOLE DES BEAUX-ARTS AU CŒUR DES « ÉVÉNEMENTS »

En 68, tout est politique ! Et l’architecture est avant tout politique. Ce qui trop souvent veut dire « l’architecture est LA politique ».

De là à l’idée de faire la révolution par l’architecture, la marge, étroite, est parfois allègrement franchie. Tout est politique, slogan vaguement paralysant ? Surtout pour des architectes ! A l’image des autres avant-gardes du moment, ils sont saisis par le prophétisme autodestructeur qui caractérise les moments de crise : l’architecture sera vivante lorsque le dernier architecte sera mort ! Mort de l’auteur ! Tous créateurs !

L’imagination étant comme chacun sait la chose la mieux partagée au monde…

Mots de désordre

En 68, tout est politique ! Et si les étudiants en sociologie à Nanterre perçoivent les sociologues comme les chiens de garde du régime, les étudiants en architecture voient dans les architectes des pacificateurs sociaux mettant la ville en coupe réglée.

Ils rejettent l’urbanisme qui collabore au fonctionnement de l’appareil répressif du pouvoir. Lorsque les étudiants des Beaux-Arts injurient la statue de Melpomène en la traitant de « salope » dans le numéro 2 de Melp ! , les enragés quittent la salle du conseil de la faculté de Nanterre, le 22 mars, en inscrivant sur les murs que les syndicats sont des bordels et l’Unef une putain. Des mots de désordre plutôt que des mots d’ordre…

En 68, tout est politique ! Et l’atelier populaire entame à l’Ecole des beaux-arts sa brève histoire exemplaire. Il débute effectivement le 14 mai, au...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 268 du 02/04/2018
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