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L’avenir du bureau, une cité en libre-service

Les modes de travail ont changé depuis une vingtaine d’années, engendrant un individu constamment connecté. Les études comportementales dressent les principes d’un aménagement des bureaux adapté : conçu à la manière d’une ville, il offre des services en accès libre et favorise autant les rencontres qu’il intègre des espaces d’intimité.

Comment faire de l’espace de travail un allié de l’homme moderne ? Une question qui est au cœur des préoccupations des fabricants de mobilier. Les majors du secteur produisent, en effet, nombre d’études de terrain, de programmes de recherche et de livres afin de contextualiser leurs nouveautés. Le point de départ de ces analyses est une projection de « l’individu moderne performant », assimilé à un modèle. Dans le « meilleur » des mondes du travail – globalisé et pressuré sur le plan technologique -, le profil qui émerge est celui d’un « coworker » : un indépendant qui choisit un lieu dans une plateforme collective d’échanges avec ses pairs. Mobile, autonome, opérant des allers et retours dans les espaces appropriés à ses besoins, il sait alterner entre solitude et ouverture, transparence et confidentialité.

L’adaptation au travail

Sous l’effet de pressions multiples, l’individu actif doit parvenir à un degré d’autonomie inégalé, devant intégrer des valeurs espace-temps resserrées. Conjoncture oblige, il se doit d’être flexible, et s’adapter à une réduction de son espace au sol mais aussi en hauteur de plafond. L’association CoreNet Global estime que la surface de travail moyenne par individu aux États-Unis serait passée de 46 à 16 m2 entre 1970 et 2012, avec une prévision à 9 m2 pour 2017. Une réduction qui serait contrebalancée par une plus grande mobilité. À l’ère des outils électroniques miniaturisés – smartphones, PC, tablettes, etc. – la durée d’une tâche a, par ailleurs, été raccourcie, ponctuée de nombreuses interruptions. Connecté 24 heures sur 24, le salarié, joignable et toujours traçable, évolue dans le règne de l’instantanéité, qui rend un délai presque caduc dès son inscription dans un agenda.

En parallèle, l’évolution de l’espace de travail a progressivement quitté une organisation segmentée par équipe et fonction pour un bureau paysager inscrit dans une offre complète de services. En théorie, les possibilités de ces ajustements sont telles qu’elles lui offrent un potentiel d’agrément et de personnalisation élevés. L’agencement est envisagé comme un microcosme qui réunit un évantail de possibilités pour permettre à la fois d’interagir, collaborer, se concentrer et se ressourcer. Pour servir la productivité, on attend des espaces flexibles, modulables, diversifiés. Dans cette perspective, le fabriquant Herman Miller identifie dix modes de travail suggérant autant de microlieux à développer dans une structure : le refuge de concentration à l’abri des dispersions ; la ruche pour le travail individuel en espace partagé ; l’escale, point accessible pour réunion au pied levé ; le clubhouse, accueillant l’équipe en mode projet à long terme ; l’alcôve, cocon pour des échanges ponctuels ;...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 237 du 18/11/2014
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