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L’ARCHITECTURE BUISSONNIÈRE DE GUY ROTTIER

Mots clés : Architecture - Manifestations culturelles

Poétique et prospective, l’œuvre iconoclaste de Guy Rottier n’en comporte pas moins des solutions constructives. Pour sa première édition, la Biennale d’architecture d’Orléans rend hommage à cette figure artistique et architecturale comptant parmi les plus originales de la seconde moitié du XXe siècle.

« Architecture libre » est une exposition réjouissante, qui suscite autant le sourire que la réflexion. Proposée dans le cadre de la Biennale d’architecture d’Orléans, dans les beaux espaces industriels du nouveau centre d’art des Tanneries, à Amilly (Loiret), elle donne à voir la richesse d’une œuvre artistique et prospective. Abdelkader Damani et Gilles Rion, les deux commissaires, ont fait le choix d’une scénographie simple et efficace, au service des œuvres. Les quelque 150 planches peintes ou dessinées, photographies et maquettes conservées par le Frac Centre-Val de Loire sont suffisamment parlantes. Une première partie regroupe l’œuvre peinte et dessinée autour de trois grandes thématiques : faire signe, faire corps, faire monde. Le reste de l’espace d’exposition est occupé par les nombreuses maquettes. Sont également présentées, sur deux murs, les 24 planches originales de son manifeste, « Architecture libre », publié en six livrets en 1986.

Collaborateur de nombreux architectes (dont Le Corbusier, ou Prouvé), membre du Groupe international d’architecture prospective (Giap), l’ingénieur architecte aura finalement peu construit. Pour l’essentiel, son œuvre bâtie se résume à trois maisons, dont celle réalisée en 1968 pour le sculpteur Arman, à Vence. Il aura consacré une grande partie de sa carrière à la recherche et à l’enseignement, d’abord en Syrie (1970-1978), puis au Maroc (1979-1987). Les migrations successives de ce natif de Sumatra ayant grandi entre trois pays – l’Indonésie, la France et les Pays-Bas – expliquent sans doute son approche libre et transdisciplinaire. Dès ses premiers projets, la mobilité est en effet au cœur de sa réflexion. Une photo en noir et blanc de 1958 montre son cabanon de bois pour enfant installé sur une charrette tirée par des chevaux. Le projet est mené avec Charles Barberis, menuisier de la cité radieuse de...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 266 du 11/02/2018
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