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JEAN-Marc Ibos et MYRTO VITART Mediatheque Strasbourg

Mots clés : Architecte - Architecture - Concours d'architecture - Manifestations culturelles - Rénovation d'ouvrage - Transport fluvial

Confiée aux architectes Jean-Marc Ibos et Myrto Vitart à l’issue d’un concours en 2003, la médiathèque de Strasbourg – une réhabilitation et une extension d’un ancien entrepôt portuaire – a ouvert ses portes en septembre dernier. L’équipement reconvertit partiellement les silos à grains de l’armement Seegmuller. Après des décennies de tergiversations, Strasbourg a enfin bouclé un projet de reconquête urbaine de ses bassins portuaires.

La ville de Strasbourg est le deuxième port fluvial de France après Paris. Les grues et entrepôts autrefois dans la cité, ont aujourd’hui pris le large. Les bassins centraux ont perdu leur rôle commercial au profit de nouveaux aménagements urbains. C’est dans ce contexte qu’est né le projet de la grande médiathèque de la presqu’île André-Malraux.

Inscrite, à terme, au sein d’une politique de mise en réseau de 28 bibliothèques, elle sera, tel un poisson pilote, la médiathèque la plus importante de l’Est de la France et un établissement phare pour les littératures européennes.

Aussi son programme aligne-t-il des chiffres records : 250 000 livres pour le fonds ancien, 160 000 références directement accessibles, plus de vingt kilomètres de rayonnages, des points d’écoutes de musique, des accès vidéos, plus de 100 points d’accès multimédias. Au total, le projet d’une superficie de 11 800 m2, représente un investissement de 64,5 millions d’euros, dont 44 millions à la charge de la communauté urbaine de Strasbourg (CUS).

Comment conserver le caractère industriel du site d’accueil du projet : un silo en forme de tour, prolongé par un entrepôt de stockage, tous deux posés sur un môle ?

L’enjeu de rester dans l’épure dictée par le schéma industriel est de taille : pour accueillir le vaste programme culturel, la réalisation doit plus que doubler la surface du bâti existant.

Construire des volumes excédant largement ceux des bâtiments Seegmuller constitue un défi à l’idée de conservation du patrimoine : que garder ? Que démolir ? Pour Myrto Vitart, plutôt que de focaliser sur la mémoire, le parti est de conserver la logique et l’intelligence du lieu industriel, soit ici un alignement parfait. Il s’agit aussi de préserver les pleins et les vides liés aux anciennes activités de chargement et déchargement des marchandises. Avec une apparente simplicité, le projet d’Ibos et Vitart accentue l’alignement de l’ensemble, il conserve la fonction de stockage et crée un lien avec l’eau. Pour cela, le silo est conservé, il reçoit une peinture gris métallisé et constitue l’accueil principal de la médiathèque tout en marquant l’entrée du site depuis la vieille ville. La halle de stockage qui lui est adossée est dépouillée de son...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 183 du 01/11/2008
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