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Jean Guervilly et Françoise Mauffret Pole de biologie Paris

Mots clés : Architecte - Architecture - Architecture intérieure - Rénovation urbaine - Technique de construction

Journaliste à la revue Bauwelt, Sebastian Redecke raconte – au rythme d’une promenade architecturale – sa visite du pôle universitaire de Biologie avec Jean Guervilly, architecte de l’opération associé à Françoise Mauffret.

Moi qui viens de loin, je ne m’imaginais pas un Breton ainsi. A ma rencontre avec Jean Guervilly, il me renvoie une image complètement différente : rarement un architecte m’a reçu avec une telle présence, une telle excitation, mais aussi un tel enthousiasme pour son travail. Jean Guervilly s’emporte et fascine tout de suite. Il est presque impossible de le freiner dans son ardeur.

La rencontre a lieu au pied du bâtiment universitaire.

Le bâtiment fait partie du plan de la ZAC Masséna Paris rive gauche et se trouve dans la zone où le plan d’urbanisme de Christian de Portzamparc prévoit des constructions d’îlots de grande hauteur avec des cours intérieures ouvertes sur la rue et dont les premières interprétations construites sont déjà très variées.

La diversité développée par les nombreux architectes qui y ont travaillé et la mixité programmatique exigée ont fait naître ici un véritable quartier métropolitain. Les pièces maîtresses ayant apporté des changements notoires sont les bâtiments universitaires. En particulier, les reconversions des Grands Moulins par Rudy Ricciotti et de la Halle aux farines par Nicolas Michelin ont ouvert le site aux étudiants qui donnent vie aujourd’hui à ce lieu.

Pour les biologistes, le bâtiment fait maintenant partie de cet ensemble dédié à l’université. Il est implanté un peu plus au sud, presque sur l’avenue de France, et il est principalement consacré à la recherche, ne disposant pas de salles de séminaires ni d’auditorium public.

Jean Guervilly est complètement convaincu de son approche du projet. Mes questions semblent vaines – ou alors il me les retourne avec humour et leur donne un sens complètement différent.

Il est important pour comprendre le travail de Jean Guervilly de savoir qu’il envisage son bâtiment comme un tout, fidèle à sa conception de départ jusqu’au détail. C’est étonnant car il s’agit d’un programme de bâtiment de recherche avec de nombreuses exigences techniques qui génèrent souvent des compromis architecturaux.

Il faut lire le bâtiment dont le plan est presque carré, comme une composition orthogonale de différents blocs assemblés ou comme un monolithe percé à différents endroits.

Les principes de base sont le cheminement, la distribution des patios et l’éclairage naturel.

On accède au bâtiment depuis le bas, sur la rue Marie-Andrée de Lagroua Weill-Hallé, et depuis une petite rue transversale au nord-ouest qui monte vers l’avenue de France.

En raison de la pente du site, les entrées se font sur deux niveaux. La configuration du grand patio en L qui se trouve au niveau de l’entrée basse démontre l’habileté de l’architecte avec ces jeux volumétriques. Ainsi, pour gagner plus de lumière naturelle, il a ouvert la partie du bâtiment qui se trouve sur le niveau de l’entrée haute servant surtout aux étudiants, par une longue galerie complètement vitrée, dans laquelle se trouve la cafétéria. Cela a été possible parce que la partie du dessus est en porte-à-faux sur 6 m.

A l’entrée basse, à l’endroit du retrait de la façade, le passant a une vue complètement dégagée sur l’intérieur de la parcelle. Dans le jardin ont été plantés deux beaux chênes et un grand pin devant l’entrée basse. Ces arbres qui ont déjà 50 ans, donnent l’impression de faire partie du site depuis toujours.

Ce langage architectural existe depuis plusieurs années en Europe, surtout en Suisse, aux Pays-Bas et en Allemagne.

Jean Guervilly s’identifie à ces protagonistes de la « nouvelle objectivité » qui le fascinent sans doute. Son bâtiment n’a rien de nouveau ni dans sa forme de bloc rigide, ni dans la structure de ses façades. Cependant, il surprend en sortant du schéma de ce nouveau quartier grâce à sa clarté et à son apparente finesse. Cette sobriété suisse se décline à l’extérieur avec des menuiseries en aluminium placées au nu extérieur des façades, qui semblent se décaler légèrement d’étage en étage.

On peut polémiquer au sujet de cette façon de...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 179 du 01/05/2008
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