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« je prône avant tout la contextualité au détriment de l’architecture-objet »

Mots clés : Architecte - Architecture - Collectivités locales - Culte - Rénovation urbaine - Services urbains - Transport collectif urbain - Transports

Né en 1952, journaliste de métier, Daniel Delaveau est maire (PS) de Rennes depuis mars 2008 et président de Rennes Métropole. Maire de Saint-Jacques-de-la Lande de 1989 à 2001, il a notamment œuvré à la mise en place du vaste projet urbain de Jean-Pierre Pranlas-Descours. En tant que vice-président de Rennes Métropole chargé des transports (1995), et président de la Semtcar (2001), il s’est également beaucoup investi dans la construction du métro rennais.

Vous êtes à la fois maire de Rennes et président de Rennes métropole, quels sont les fondamentaux de la politique architecturale et urbaine de l’agglomération ?

Si l’intercommunalité est aujourd’hui à l’ordre du jour au plan national, Rennes et son agglomération sont en avance dans ce domaine. Il me semble très important de penser la ville à l’échelle de l’agglomération, l’une ne va pas sans l’autre. Les enjeux sont communs et la coopération intercommunale s’impose aujourd’hui comme une évidence. Ici à Rennes, nous n’avons pas attendu le Grenelle de l’environnement pour penser stratégie urbaine durable et politique des déplacements à l’échelle de l’agglomération. Par ailleurs, il me semble fondamental d’aborder la ville à l’échelle du vécu des habitants et non pas d’un point de vue strictement administratif. Le XXIe siècle sera plus que jamais le siècle de la ville et ce, à une échelle mondiale. Tous les enjeux et les défis sociétaux se concentrent dans les villes qui sont le creuset de la mixité, du brassage. Ce sont des notions auxquelles Rennes attache une importance de longue date. Aujourd’hui, tout l’enjeu consiste à réinventer l’urbanité en fonction des modes de vie.

Il reste peu d’emprises foncières disponibles à Rennes, comment la ville parvient-t-elle à se développer aujourd’hui ?

La politique urbaine rennaise s’appuie sur le recyclage du foncier ancien. Il y a ici une tradition de maîtrise d’ouvrage publique très forte, ce qui se traduit par la création de nombreuses ZAC. Edmond Hervé, mon prédécesseur, et Jean-Yves Chapuis, vice-président de Rennes Métropole délégué aux formes urbaines, ont initié cette politique-là que je m’attache à poursuivre. L’enjeu numéro un, c’est celui de l’habitat. Rennes et son agglomération connaissent une forte croissance et une attractivité indéniable : on attend 60 000 habitants supplémentaires d’ici à 10 ans. Cette dynamique constitue aujourd’hui le défi principal, économique et démographique, auquel nous devons faire face : comment accueillir ces nouvelles populations dans une stratégie de développement durable en respectant la morphologie de la ville et la qualité urbaine ? Rennes n’a pas de « banlieue » et son emprise foncière est circonscrite à l’intérieur de la rocade. Ici la logique qui prévaut est celle d’une stratégie de reconquête de la ville sur elle-même. Quelques exemples : les anciennes friches de la ZAC Beauregard (Loïc Josse/Groupe Ellipse, urbaniste), les friches militaires de la ZAC Courrouze (Secchi-Vigano), ou les friches industrielles de la ZAC Baud-Chardonnet (Reichen et Robert). Cette logique de recyclage permet également de lutter aussi contre l’étalement urbain, de poursuivre le travail sur les nouvelles formes urbaines et de préserver l’agriculture périurbaine. La prochaine étape consistera probablement à requalifier d’anciennes zones industrielles des années 70/80, celle de la Route de Lorient ou la Z.I. Sud-Est, où il faudra nécessairement réinjecter de la mixité.

Les projets que vous citez sont en périphérie du centre historique, mais qu’en est-il du cœur de ville ?

Un des enjeux urbains majeurs concerne le quartier de la gare, le futur pôle EuroRennes. En 2013, Rennes sera à moins d’1 h 30 de Paris (LGV Bretagne-Pays de Loire). Nous voulons faire de la gare de Rennes un pôle d’échanges multimodal qui deviendra une plaque tournante pour l’ensemble de la Bretagne. Au programme, des logements, des bureaux, des activités. Il s’agit d’envisager ce quartier comme l’extension vers le sud du centre-ville. La situation géographique est complexe : un dénivelé de 13 m sur le secteur gare, l’emprise très forte de la prison des femmes… Cette extension...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 183 du 01/11/2008
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