Enjeux

Intent Technologies crée l’espéranto de l’immo

Mots clés : Gestion immobilière - Lieux de travail

La start-up a développé une solution qui simplifie les échanges entre tous les acteurs de la gestion immobilière.

Une croissance d’activité de 575 % sur ces quatre dernières années. C’est ce résultat qui a placé la start-up Intent Technologies, basée à Lille (Nord), à la 39e place du classement 2016 « Technology Fast 50 » réalisé par le cabinet Deloitte. Ce palmarès établit la liste des 50 entreprises technologiques françaises affichant la plus forte croissance sur quatre ans.

Une distinction qui témoigne du succès de cette jeune pousse, créée en 2011 par Benjamin Ulrich et François de Sivry. Le duo a développé une plate-forme, baptisée Intent Platform, qui permet de fédérer les données et les services de l’ensemble des acteurs de la gestion immobilière. Il s’est appuyé sur un constat : des données sur les bâtiments foi-sonnent dans de nombreux domaines (consommation d’eau ou d’électricité, activité de bornes d’infrastructures de recharge de véhicules électriques, données contenues dans des objets connectés… ), mais elles sont stockées dans des systèmes fermés. Car chaque acteur de l’immobilier, qu’il soit énergéticien, entreprise ou syndic, dispose de son propre logiciel ou de sa propre plate-forme. En l’état, rien ne permet donc de croiser ces données les unes avec les autres pour optimiser l’exploitation d’un bâtiment.

Avoir accès, en un clic, à toutes les données disponibles concernant un bâtiment.

Fluidifier le partage d’informations. C’est ici qu’Intent Technologies se place, en connectant tous ces domaines de manière à permettre à un gestionnaire d’immeuble d’avoir, en un clic, accès à toutes les données disponibles le concernant. « Nous fluidifions le partage d’informations », résume Matthieu Roynette, directeur commercial chez Intent. La solution de la jeune pousse est, par ailleurs, ouverte, c’est-à-dire que n’importe quelle application peut être greffée sur Intent Platform. Ainsi, même si l’utilisateur final d’une solution ne voit pas le logo d’Intent, l’application qu’il utilise emprunte les canaux de l’entreprise.

La PME a rapidement rencontré le succès. « Nous avons commercialisé notre solution en 2012, explique Matthieu Roynette. La croissance est forte depuis cinq ans, avec une nette accélération en 2016-2017. Aujourd’hui, Intent Platform concerne presque 400 000 logements en Europe. » La société a levé en tout 6 millions d’euros auprès de fonds d’investissements, mais aussi de Bouygues Construction, Bouygues Immobilier et Suez.

Faire basculer le rapport de force en faveur du client. Si Intent Technologies a initialement travaillé sur le logement, la société se tourne de plus en plus vers l’immobilier d’entreprise, l’hôtellerie et les locaux commerciaux. La métropole lilloise va devenir également utilisatrice d’Intent Platform. « La technologie développée par cette start-up fait basculer le rapport de force en faveur des clients, explique Thomas Le Diouron, cofondateur d’Impulse Partners, l’un des partenaires d’Intent. Auparavant, les prestataires imposaient leurs outils. Aujourd’hui, grâce à des solutions telles qu’Intent, un bailleur peut exiger d’un prestataire que son outil soit compatible avec les autres. Ainsi, le client reprend la main sur ses données. »

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

2011

2011 : création

35 salariés

6 M€ de fonds levés depuis 2011

400 000 logements concernés par Intent

ENCADRE

L'avis de l'expert

« L’un des gros atouts de la plate-forme d’Intent est que le client perçoit tout de suite le retour sur investissement potentiel. Il pourra, par exemple, analyser sa consommation énergétique et faire baisser ses charges, ou mieux négocier avec ses fournisseurs. Cette start-up bénéficie, par ailleurs, d’un contexte de marché favorable, notamment parce que les pouvoirs publics facilitent ou financent le déploiement de ce genre d’outils. Toutefois, il faut continuer à convaincre le marché. Les bâtiments qui peuvent bénéficier de cette technologie restent assez rares. Même si c’est le sens de l’Histoire ! »

Marc Gasser, analyste chez Omnes Capital, partenaire d’Essec Ventures.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X